Pour la première fois depuis près de quatre décennies, un cours officiel de formation de sauveteurs en mer va être lancé en Israël, sous l’autorité et la supervision du ministère du Travail. Cette initiative intervient après des années de stagnation et de pénurie aiguë de personnel, une crise qui a gravement affecté les services de sauvetage sur les plages du centre du pays et mis en péril la sécurité des baigneurs.
Pendant des années, le manque de sauveteurs qualifiés n’a pas été qu’un simple problème administratif. Il a eu des conséquences directes sur le terrain : fermetures temporaires de postes de secours, réduction des horaires de surveillance et, dans certains cas, impossibilité d’assurer une présence continue sur des plages pourtant très fréquentées. Cette situation est devenue particulièrement critique sur les plages séparées, fréquentées principalement par le public religieux et haredi, où la demande ne cesse d’augmenter.
Avec l’essor démographique et la fréquentation croissante du littoral, la pression sur les équipes existantes s’est considérablement intensifiée. Or, le dispositif actuel repose sur un effectif extrêmement réduit : environ 50 sauveteurs seulement pour couvrir des besoins largement supérieurs. Ce décalage structurel a entraîné, à plusieurs reprises, une diminution du niveau de service offert au public, au détriment de la sécurité.
Le nouveau programme de formation, qui doit se dérouler dans les mois à venir, vise à répondre à cette urgence. Il combinera des enseignements théoriques et pratiques, couvrant les techniques de sauvetage en mer, la prévention des risques, la gestion des foules et les procédures d’intervention en situation critique. La formation inclura également un cours avancé de premiers secours dispensé par le Magen David Adom, garantissant que les futurs sauveteurs disposeront des compétences médicales indispensables pour intervenir rapidement en cas d’accident.
Des responsables impliqués dans le projet soulignent que cette initiative était devenue incontournable. Selon eux, la sécurité en mer constitue une valeur non négociable, qui ne peut être sacrifiée pour des raisons budgétaires ou organisationnelles. Toutefois, ils insistent également sur un point clé : le véritable test ne résidera pas uniquement dans la réussite du cours, mais dans la capacité à intégrer efficacement les nouveaux sauveteurs précisément là où les besoins sont les plus criants.
Les plages séparées, souvent confrontées à une affluence importante durant certaines périodes de l’année, figurent parmi les priorités. Ces sites requièrent une organisation spécifique et une vigilance accrue, en raison de la densité du public et des particularités de fonctionnement. Sans renfort humain suffisant, les risques d’accidents graves augmentent mécaniquement.
Au-delà de l’aspect technique, cette relance de la formation revêt également une dimension sociétale. L’appel à candidatures est désormais lancé auprès de l’ensemble du public, hommes et femmes, avec l’objectif de créer une nouvelle génération de professionnels engagés dans la protection de la vie humaine. Les initiateurs du projet espèrent ainsi susciter un véritable renouvellement des effectifs, capable de stabiliser durablement le système de sauvetage.
Quarante ans après le dernier programme structuré de ce type, cette décision marque un tournant majeur pour la sécurité des plages en Israël. Dans un contexte où chaque été apporte son lot d’incidents et parfois de drames, les autorités espèrent que ce cours constituera un rempart concret contre la prochaine catastrophe annoncée. La réussite de cette réforme pourrait non seulement sauver des vies, mais aussi restaurer la confiance du public dans les dispositifs de protection du littoral.







