À peine sacré vainqueur de l’émission הכוכב הבא לאירוויזיון sur Keshet 12, Noam Betan fait déjà face à une violente vague d’attaques sur les réseaux sociaux. Le jeune chanteur, qui représentera Israël à l’Eurovision en mai prochain à Vienne, est pris pour cible en raison de son service militaire au sein de Tsahal.
Avant même que la chanson israélienne ne soit dévoilée, Israël s’impose déjà comme le grand favori de la compétition. Selon les tableaux des bookmakers internationaux, le pays occupe actuellement la première place avec environ 11 % de chances de victoire. Un statut qui attise encore davantage les tensions et la colère des milieux pro-palestiniens, très actifs en ligne.
Sur les réseaux sociaux, les attaques contre Noam Betan ont rapidement pris une tournure particulièrement virulente. Certains internautes ont dénoncé sa participation à la compétition en des termes extrêmes, l’un écrivant : « Ce n’est même plus surprenant, maintenant ils amènent un meurtrier à l’Eurovision ». Un autre commentaire affirmait : « Il n’est même pas vraiment israélien, ses parents viennent de France. Il a servi dans Tsahal et a montré de la sympathie pour un génocide dans sa chanson. Cet homme est malveillant ». Des propos qui relèvent d’accusations graves, sans fondement, mais qui se multiplient à mesure que la visibilité du chanteur augmente.
Ces attaques s’inscrivent dans une tendance déjà observée ces deux dernières années, où la participation d’Israël à l’Eurovision est systématiquement contestée par des militants hostiles à l’existence même de l’État hébreu. Pour ces groupes, le simple fait qu’un artiste israélien ait porté l’uniforme de Tsahal suffit à le disqualifier moralement, indépendamment de son œuvre artistique.
D’autres réactions, moins agressives mais tout aussi révélatrices, interrogent le sens même de la participation israélienne au concours. « Avec tout ce qui se passe, je ne comprends pas pourquoi des chanteurs israéliens veulent encore venir à cette compétition », écrit un internaute, traduisant un sentiment de lassitude face à la politisation extrême de l’événement musical.
Pour l’heure, Noam Betan n’a pas répondu directement aux attaques les plus virulentes. Lors de sa réaction à chaud après sa victoire, il s’est concentré sur l’émotion du moment et sur le caractère inattendu de son parcours, déclarant notamment : « Je ne pensais même pas passer les auditions ». Son entourage indique qu’il entend se focaliser sur la musique et sur la préparation de sa prestation pour Vienne.
Cette polémique relance une fois encore le débat sur la place d’Israël à l’Eurovision et sur la frontière de plus en plus floue entre culture et combat politique. Pour beaucoup en Israël, l’acharnement contre Noam Betan dépasse largement sa personne et illustre une hostilité systématique, où l’artiste est jugé non pour sa voix ou son talent, mais pour son identité et son service militaire.
Noam Betan, Eurovision, Israël, Tsahal, Keshet 12, réseaux sociaux, polémique, pro-palestiniens






