La Kan, la corporation israélienne de radiodiffusion publique, a officiellement annoncé la fin du processus de sélection interne de la chanson qui représentera Israël au Concours Eurovision de la chanson à Vienne. L’information a été rendue publique vendredi soir, mais un élément clé demeure volontairement caché : la chanson elle-même ne sera révélée qu’au 5 mars.
Le représentant israélien pour cette édition est le chanteur Noam Betan, déjà sélectionné en amont par Kan. La commission avait pour mission de choisir, parmi plusieurs propositions, le titre le plus adapté à porter les couleurs d’Israël sur la scène européenne. Après plusieurs semaines de travail, elle affirme être parvenue à une décision finale, tout en s’engageant à maintenir un silence total jusqu’à la date officielle de la première diffusion.
Selon les informations communiquées, la chanson retenue a été écrite par Yuval Raphael. Le morceau sera interprété en trois langues : l’anglais, le français et l’hébreu. Ce choix linguistique reflète une volonté claire de s’adresser à un public international tout en conservant une identité israélienne marquée, une stratégie déjà utilisée par le passé avec des fortunes diverses.
La sélection finale s’est déroulée dans le cadre d’un concours interne particulièrement compétitif. Environ 200 chansons ont été soumises à la commission, avant qu’un premier tri ne permette d’en retenir quatre. Ces quatre titres finalistes ont ensuite été interprétés par Noam Betan lui-même, afin que le jury puisse évaluer non seulement la composition, mais aussi la manière dont elle fonctionne avec la voix, la présence et le style du chanteur choisi. Ce format vise à éviter les décalages entre une chanson prometteuse sur le papier et son rendu réel sur scène.
Lors de l’annonce officielle, l’animateur de Kan chargé de présenter les conclusions de la commission a souligné le caractère sensible de la période précédant la révélation publique. Il a même plaisanté en affirmant que la chanson serait gardée « plus secrète que les secrets nucléaires et que toutes les réunions du cabinet politico-sécuritaire ». Une boutade qui n’a pas été choisie au hasard.
Cette remarque faisait directement référence à l’actualité politique récente en Israël. La veille, le Premier ministre Benjamin Netanyahou avait en effet publié une large sélection de citations issues de procès-verbaux de réunions confidentielles, provoquant un débat public sur la notion même de secret d’État. Dans ce contexte, l’engagement de Kan à préserver la confidentialité de la chanson jusqu’au 5 mars a pris une dimension presque symbolique.
Au-delà de l’anecdote, cette stratégie de communication vise aussi à créer une attente maximale autour de la chanson israélienne. Dans un concours comme l’Eurovision, où l’impact médiatique et la première impression jouent un rôle crucial, le timing de la révélation est devenu un élément stratégique à part entière. Garder la chanson secrète permet d’éviter les fuites, les critiques prématurées et les polémiques anticipées, tout en concentrant l’attention sur un lancement unique et maîtrisé.
Pour Noam Betan, l’enjeu est de taille. Représenter Israël à l’Eurovision est à la fois une opportunité artistique majeure et une source de pression considérable, d’autant plus dans un contexte international souvent politisé. La commission de Kan, consciente de ces défis, affirme avoir fait un choix fondé uniquement sur des critères artistiques, vocaux et scéniques, avec l’objectif de proposer une chanson capable de toucher le public européen au-delà des considérations extérieures.
Il faudra donc attendre encore quelques semaines avant de découvrir le titre, la mélodie et le message que portera Israël à Vienne. D’ici là, le mystère reste entier — et, selon Kan, parfaitement verrouillé.






