Alors que les prix à la consommation grimpent partout en Israël, une chaîne de boulangeries emblématique a fait un choix courageux : absorber elle-même la hausse des coûts des matières premières plutôt que de la répercuter sur les familles qui célèbrent Hanukkah. Maafe Neeman, présente dans 78 succursales à travers le pays, a annoncé le maintien de ses prix pour la saison des sufganiyot 2026, une décision qui illustre à la fois l’engagement social d’une entreprise israélienne historique et sa capacité d’innovation culinaire.

Les sufganiyot, ces petits beignets frits et fourrés traditionnels, occupent une place centrale dans la célébration d’Hanukkah en Israël. Ces pâtisseries symbolisent la fête des Lumières puisque leurs origines gastronomiques rappellent le miracle du Temple : l’huile qui aurait brûlé pendant huit jours. Pendant plus d’une semaine, Israéliens et Israéliennes de tous les horizons se délectent de ces friandises, qu’elles soient classiques ou innovantes. Chaque année, la saison des sufganiyot devient un moment d’attente collectif, où les chaînes de boulangeries rivalisent de créativité pour séduire les consommateurs avec des saveurs surprenantes.

C’est justement sur ce terrain de l’innovation que Maafe Neeman a choisi de se distinguer cette année, tout en maintenant une politique de prix sociallement responsable. Mimi Neeman, copropriétaire de la chaîne et responsable du développement des recettes, a affirmé que cette approche répondait à une philosophie claire : permettre aux familles de profiter des fêtes sans ajouter de pression financière supplémentaire, tout en continuant à proposer des créations culinaires originales.

La collection 2026 de la chaîne reflète cette dualité entre tradition et modernité. Les prix des sufganiyot classiques restent bloqués : six shekels pour les beignets fourrés à la confiture, et huit shekels pour ceux garnis de dulce de leche, ce caramel laiteux latino-américain qui a conquis les papilles israéliennes. Les beignets premium, richement garnis et décorés, demeurent à quatorze shekels. Pour ceux qui souhaitent expérimenter, Maafe Neeman propose une palette de saveurs ambitieuses qui mêlent influences culinaires du Proche-Orient, de l’Europe et d’Amérique du Nord.

Parmi les nouveautés les plus remarquables figure une création qui marie la crème de pistache, le chocolat au lait et le kadaïf, ces fins filaments de pâte si caractéristiques des desserts moyen-orientaux. Cette fusion culinaire incarne la richesse de la gastronomie israélienne, où les traditions locales se rencontrent avec les influences venues du monde entier. Une autre variation combine une crème Oreo et des miettes de biscuits écrasées, tandis qu’une troisième joue sur les saveurs réconfortantes avec une crème parfumée au lait et aux céréales de maïs, enrobée de chocolat blanc. La collection complète comprend également une variante vanille-framboise, un beignet chocolat-biscuit beurré, et une création originale aux noix de cajou surmontées de pépites de céréales.

Pour ceux en quête de nouvelles sensations, Maafe Neeman propose également des beignets en anneau dans les saveurs chocolat, pistache et Oreo, proposés à douze shekels l’unité ou deux pour vingt shekels. Une alternative plus économique pour les familles nombreuses. La chaîne offre aussi les sfenj, les beignets marocains classiques saupoudrés de sucre, à dix shekels chacun, témoignant ainsi de la diversité des traditions culinaires juives présentes en Israël.

Ce qui rend cette initiative particulièrement remarquable, c’est le contexte économique dans lequel elle s’inscrit. Les prix des matières premières, notamment la farine et autres ingrédients essentiels à la pâtisserie, ont connu des augmentations substantielles. Plutôt que de suivre la tendance générale du marché, Maafe Neeman a choisi de protéger ses clients, quitte à réduire ses marges. Cette décision reflète une certaine philosophie entrepreneuriale, celle d’une entreprise familiale qui a grandi avec Israël et qui considère sa responsabilité auprès des consommateurs comme un investissement à long terme.

Pour les Israéliens, cette annonce intervient à un moment où les questions économiques demeurent préoccupantes et où chaque shekel compte pour des millions de ménages. Les fêtes juives, et particulièrement Hanukkah, occupent une place émotionnelle forte : c’est un moment où les familles se réunissent, où les traditions se transmettent, où les petits plaisirs partagés renforcent les liens. En maintenant ses prix, Maafe Neeman contribue à préserver cette accessibilité émotionnelle aux rituels festifs.

La collection est désormais disponible dans l’ensemble des soixante-dix-huit succursales de Maafe Neeman dispersées à travers le pays, du nord au sud. Que les consommateurs choisissent la tradition, l’innovation ou un mélange des deux, ils pourront le faire sans culpabiliser face à l’addition. C’est un geste commercial, certes, mais aussi un message : en Israël, face aux défis économiques, certaines entreprises choisissent de ne pas oublier leurs clients et leurs responsabilités communautaires.

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