Ces derniers jours, de nombreux visiteurs des rives de la mer de Galilée ont été surpris par une scène inhabituelle : au milieu du lac, près de l’embouchure sud, une plateforme flottante transportant un engin de génie civil lourd est en pleine activité. Loin d’un incident ou d’un objet dérivant au hasard, il s’agit d’un chantier hydraulique planifié, conduit par Mekorot en coopération avec Autorité israélienne de l’eau et le conseil régional de la vallée du Jourdain.

Objectif : sécuriser l’écoulement de l’eau

Le projet répond à une problématique stratégique : garantir la continuité de l’écoulement vers le Jourdain sud, en particulier lors des périodes où le niveau du lac est plus bas que la normale.
Concrètement, les équipes procèdent à l’approfondissement de la zone de sortie de la mer de Galilée, afin d’éviter les phénomènes d’obstruction liés à l’accumulation de sédiments.

Selon les responsables du projet, ces dépôts — boue, sable et matières organiques — se sont accumulés pendant des années au fond du lac, réduisant la profondeur naturelle du chenal et freinant l’écoulement vers le sud.

Une opération technique complexe au cœur du lac

Le chantier repose sur une logistique particulièrement sophistiquée :

  • Transport flottant : l’engin de terrassement est installé sur une radeau technique spécialement conçu pour assurer stabilité et précision en pleine eau.
  • Curage du fond : la machine aspire et collecte les sédiments accumulés dans le lit du lac.
  • Évacuation contrôlée : les matériaux extraits sont chargés dans des conteneurs étanches, ensuite remorqués hors du lac pour traitement et élimination.

Ce travail de précision, mené directement sur l’eau, nécessite une coordination étroite entre ingénieurs hydrauliques, opérateurs maritimes et autorités environnementales.

Un projet stratégique pour l’avenir hydrique

Chez Mekorot, on souligne que les travaux devraient se poursuivre encore plusieurs semaines et s’inscrivent dans une série d’actions à long terme destinées à préserver les ressources hydriques d’Israël.
L’objectif n’est pas seulement technique, mais stratégique : optimiser l’utilisation de chaque mètre cube d’eau, protéger les flux naturels et renforcer la résilience du système face aux variations climatiques.

La mer de Galilée, véritable réservoir vital du pays, reste ainsi au cœur des priorités nationales — et cette « radeau mystérieuse » en est la preuve visible, au milieu des eaux calmes de la perle du nord.