Matan Bello sur sa séparation d’avec son épouse Nitzan : l’émotion suscitée par le documentaire qui lui est consacré continue de bouleverser le public israélien. Après la diffusion du film « Vivre deux fois », réalisé par Gilad Shalor et diffusé sur Keshet 12, l’athlète emblématique de Ninja Israel s’est exprimé avec une rare sincérité sur la fin de son mariage avec Nitzan Adi.

Le parcours de Matan Bello a déjà marqué des millions de téléspectateurs. Victime d’un grave accident cardiaque durant sa lune de miel, il avait été plongé dans le coma alors que les médecins laissaient peu d’espoir. Son réveil, puis son combat acharné pour la rééducation, ont fait de lui l’un des visages les plus inspirants du paysage audiovisuel israélien.

Mais derrière la résilience spectaculaire se cache une autre épreuve, plus intime. Le documentaire a révélé la séparation du couple après huit années de relation. Une rupture intervenue dans un contexte d’effondrement personnel et de reconstruction physique extrême.

Interrogé récemment sur Instagram, qu’il a recommencé à alimenter après une longue absence, Matan Bello a répondu sans détour à une question sur son divorce. « Je comprends profondément son cœur d’avoir choisi de renoncer à notre relation. Moi, je n’aurais pas agi ainsi, mais je comprends pourquoi elle a pris cette décision », a-t-il confié.

Il insiste sur l’absence de jugement. « Je ne juge personne dans ce monde, et certainement pas elle. J’ai compris que c’était difficile pour elle, mais je n’avais pas les outils pour l’aider. Alors je l’ai laissée partir pour qu’elle trouve quelqu’un de mieux pour elle. » Des mots lourds de maturité, prononcés dans un climat émotionnel encore fragile.

Dans le film, une conversation avec son frère éclaire l’intensité du moment. Matan explique avoir ressenti que leur histoire était arrivée à un point d’épuisement mutuel. Il reconnaît avoir vu la souffrance de son épouse face à son état de santé. « Son monde s’est effondré à cause de ma situation », confie-t-il, admettant qu’il n’aurait jamais volontairement renoncé à leur relation, mais qu’il voulait lui offrir la possibilité d’une nouvelle vie.

De son côté, Nitzan Adi a également pris la parole dans le documentaire. Elle évoque une rupture intérieure, presque invisible, entre l’homme qu’elle connaissait avant l’accident et celui qu’elle devait apprendre à redécouvrir. « Il y a eu une séparation dans mon cœur avec le Matan d’avant », explique-t-elle. Elle parle d’un besoin de guérison personnelle, d’un désir de respirer à nouveau, de vivre.

Après la diffusion du film, elle a partagé un message empreint de douleur et de reconnaissance. Elle y décrit des souvenirs remontant à la surface, mêlés à une réalité quotidienne toujours marquée par l’épreuve. Elle remercie ceux qui ont su voir sa complexité et entendre sa voix.

L’histoire dépasse la simple chronique people. Elle interroge la capacité d’un couple à survivre à une transformation radicale de l’un des deux partenaires. Le parcours de Matan Bello illustre une réalité souvent peu évoquée : la maladie grave ou le traumatisme neurologique ne bouleversent pas uniquement l’individu touché, mais redéfinissent l’équilibre affectif, économique et psychologique du foyer.

Aujourd’hui encore, l’athlète poursuit une rééducation intensive. Il souffre d’un trouble neurologique appelé cécité corticale, dans lequel les yeux perçoivent mais le cerveau peine à interpréter les images. Il évoque cependant des progrès : reconnaissance plus nette des couleurs, perception accrue des mouvements dans l’espace.

Sa foi en sa récupération demeure intacte. « Je crois en moi et en mon pouvoir naturel de guérison », affirme-t-il, convaincu qu’il retrouvera la vue. Cette détermination, qui a déjà conquis le public lors de son retour à la vie, nourrit un récit de résilience rare.

La séparation avec Nitzan n’efface ni les années partagées ni l’intensité du combat commun face au drame initial. Elle souligne plutôt la complexité humaine des trajectoires après un traumatisme. L’amour peut exister, la gratitude aussi, tout en laissant place à la nécessité d’un chemin distinct.

Dans un paysage médiatique souvent dominé par le sensationnel, l’histoire de Matan Bello offre une lecture plus profonde : celle d’une reconstruction individuelle qui ne coïncide pas toujours avec la continuité conjugale. Entre admiration nationale et vulnérabilité assumée, il demeure l’un des symboles contemporains de la résilience israélienne.