Dans les coulisses de la guerre contre l’Iran, une vidéo circule avec insistance sur les réseaux israéliens : celle de Jack Barsky, ancien agent du KGB reconverti en conférencier américain, interrogé en podcast par le présentateur Carlos Watson sur sa hiérarchie des services secrets mondiaux. Sa réponse est sans ambiguïté : le Mossad.
« Ils ont un avantage énorme parce qu’ils peuvent recruter dans leurs rangs des citoyens dont les origines viennent des pays arabes », explique Barsky. « Exactement comme c’était le cas en Allemagne — il n’y a pas de différences culturelles à surmonter. Je peux affirmer avec certitude que le Mossad fait opérer des agents en profondeur chez l’ennemi. »
Le timing de cette diffusion n’est pas anodin. Les opérations d’élimination de la direction iranienne dans le cadre de l’opération Rugissement du Lion — dont la mort du Guide suprême Khamenei frappé chez lui dès la première nuit — ont relancé le débat sur les capacités de renseignement humain du Mossad. Pénétrer le cercle le plus intime du pouvoir iranien, localiser avec une précision chirurgicale les résidences et les déplacements de dizaines de hauts responsables, coordonner des informations en temps réel pendant une offensive aérienne massive : tout cela suppose un réseau de sources internes d’une densité que peu d’observateurs osaient imaginer.
Quand Watson demande à Barsky d’évaluer la CIA dans la même logique, l’ancien espion soviétique choisit la discrétion : « Je préfère ne pas répondre à ça. Je connais des agents retraités — ce sont mes amis. » Watson, lui, ne s’autocensure pas : « Ils ont raté la fin de la Guerre froide et les attaques du 11 septembre. » Un jugement qui résonne différemment aujourd’hui, à l’heure où la CIA tient une installation à l’ambassade de Riyad et doit gérer la défense de bases américaines dans toute la région.
Ce qui frappe dans le commentaire de Barsky, c’est moins l’éloge du Mossad — prévisible de la part d’un Occidental admirateur d’Israël — que la logique qu’il articule. L’avantage comparatif d’un service de renseignement ne réside pas uniquement dans ses moyens technologiques ou son budget, mais dans sa capacité à recruter des individus capables de se fondre dans les sociétés cibles sans éveiller de soupçons. Israël, pays d’immigration de masse depuis sa création, dispose d’une population incluant des locuteurs natifs de persan, d’arabe dialectal, de dari et d’une douzaine d’autres langues régionales — un vivier humain unique pour le renseignement humain (HUMINT) en profondeur.
Les résultats visibles de la semaine écoulée — éliminations en série, frappe sur Khamenei dans son bunker, neutralisation de la quasi-totalité du commandement des Gardiens de la Révolution — plaident pour cette thèse. Qu’un ex-agent soviétique le confirme publiquement en plein milieu de la guerre ajoute une dimension particulière à ce constat.








