Le paysage touristique israélien continue de se transformer, et cette fois-ci, c’est la région du Carmel qui est sous les projecteurs. Cette semaine, la première pierre d’un nouvel hôtel boutique a été posée dans le village d’artistes d’Ein Hod, marquant le lancement d’un ambitieux programme de développement hôtelier dans le cadre d’un plan global estimé à environ 1,5 milliard de shekels pour les prochaines années au sein du conseil régional de Hof HaCarmel.

Situé sur un versant montagneux offrant une vue dégagée sur les oliveraies et sur l’axe naturel reliant la montagne à la mer, le futur hôtel s’inscrira dans l’esprit artistique et naturel qui fait la réputation d’Ein Hod. Le projet, porté par la société privée Di.N.Sans, lauréate d’un appel d’offres conjoint de l’Autorité foncière israélienne et du ministère du Tourisme, prévoit un établissement de type boutique-wellness de standing élevé. Il s’étendra sur près de 25 dunams et comprendra environ 55 chambres, pour un investissement estimé à 60 millions de shekels.

Ce nouvel hôtel n’est que le premier d’une série de six établissements touristiques appelés à voir le jour dans différentes localités relevant du Hof HaCarmel Regional Council. L’objectif affiché est clair : renforcer l’attractivité touristique de la région, diversifier l’offre d’hébergement et attirer un public à fort pouvoir d’achat, israélien comme international. Dans un contexte où le tourisme premium et de bien-être connaît une croissance soutenue, ce type de projet est perçu comme un levier économique stratégique à fort rendement potentiel.

Parallèlement à cette annonce, la nature a offert son propre spectacle. Les pluies abondantes de ces dernières semaines ont rempli la célèbre mare hivernale du Ariel Sharon Park, l’un des écosystèmes temporaires les plus fascinants du pays. Contrairement aux plans d’eau permanents, cette mare saisonnière ne contient pas de poissons, incapables de survivre à la période estivale sèche. Elle abrite en revanche des crustacés primitifs et des mollusques rares, constituant le cœur de son équilibre écologique. Le site est devenu ces derniers jours un véritable aimant pour les familles, les photographes et les amateurs de nature, offrant une parenthèse verte unique au cœur de la région métropolitaine de Tel-Aviv.

Sur le plan hôtelier urbain, une autre nouvelle vient confirmer la montée en gamme du secteur. Le Sheraton Grand Tel Aviv s’est vu décerner pour l’année 2026 le prestigieux label international « Green Key ». Cette certification, délivrée par la Fondation pour l’Éducation à l’Environnement (FEE) et mise en œuvre en Israël par l’ONG EcoOcean, atteste d’une gestion environnementale avancée et d’un fonctionnement durable. Réduction de la consommation d’énergie, gestion responsable de l’eau, limitation des déchets et sensibilisation des clients font partie des critères stricts ayant permis à l’établissement d’obtenir cette reconnaissance, très recherchée par les voyageurs haut de gamme sensibles aux enjeux climatiques.

Dans le même temps, le secteur tente de soutenir la reprise touristique dans le nord du pays. La société israélienne Gulliver a lancé une campagne spéciale proposant des réductions ciblées sur des séjours hôteliers durant le mois de janvier. L’initiative vise à encourager les Israéliens à revenir dans des régions encore fragilisées économiquement, tout en profitant d’offres attractives sur des hôtels réputés autour du lac de Tibériade, en Galilée ou à proximité du mont Hermon. Cette stratégie de stimulation de la demande intérieure est considérée comme essentielle pour stabiliser le secteur à court terme.

Enfin, sur le plan aérien, la compagnie Ethiopian Airlines continue de renforcer sa présence sur le marché israélien. Grâce à son hub majeur d’Addis-Abeba, elle offre aux voyageurs israéliens un accès à plus de 150 destinations à travers l’Afrique, l’Asie et l’Amérique du Sud. Zanzibar, Le Cap, les Seychelles, Nairobi, Bangkok ou São Paulo figurent parmi les destinations les plus prisées. Cette connectivité accrue répond à une demande croissante pour des itinéraires alternatifs, souvent plus compétitifs en termes de prix et moins saturés que les hubs européens traditionnels.

Pris dans leur ensemble, ces développements illustrent une dynamique claire : malgré les défis économiques et sécuritaires, le tourisme israélien poursuit sa mutation vers des segments à forte valeur ajoutée. Entre hôtels boutique intégrés au paysage, initiatives écologiques, soutien ciblé aux régions périphériques et ouverture internationale renforcée, le secteur se positionne clairement comme un moteur de croissance à fort potentiel de rendement, tant pour les investisseurs que pour les collectivités locales.