Le monde haredi israélien est en deuil. Rabbi Haïm Ilouz, figure respectée de Modi’in Illit, s’est éteint ce dimanche matin à l’âge de 95 ans, après une vie marquée par une fidélité absolue à l’étude de la Torah, à l’éducation de ses enfants et à une générosité spirituelle qui a touché des milliers de personnes.
Connu dans toute la ville – et bien au-delà – pour ses bénédictions, Rabbi Haïm Ilouz était considéré par beaucoup comme un « tsaddik discret », un juste humble, éloigné de toute recherche de notoriété. Pourtant, jour après jour, des hommes et des femmes frappaient à sa porte pour recevoir une parole de réconfort, un conseil ou une bénédiction, convaincus de la force spirituelle qui émanait de cet homme à la douceur rare.
Il s’est éteint durant la nuit, quelques jours seulement après avoir célébré la bar-mitsva de son petit-fils, un moment de joie familiale qui avait encore réuni autour de lui enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants. Ces dernières semaines, sa santé s’était affaiblie, mais fidèle à son caractère, il veillait à ne jamais inquiéter son entourage, répondant invariablement avec pudeur et humilité que « tout allait bien ».
Tout au long de sa vie, Rabbi Haïm Ilouz s’est consacré à une mission qu’il considérait comme sacrée : élever ses douze enfants dans le chemin de la Torah. Il s’est battu, parfois contre des difficultés matérielles, pour que chacun de ses fils étudie dans des yeshivot haredies, et pour transmettre à l’ensemble de sa descendance – aujourd’hui composée de centaines de petits-enfants, arrière-petits-enfants et descendants – un attachement indéfectible aux valeurs traditionnelles.
Installé à Modi’in Illit auprès de ses filles après des années de vie ailleurs, il est rapidement devenu une figure familière du beth midrash local. Chaque jour, à heures fixes, on pouvait le voir assis dans le kollel proche de son domicile, plongé dans les textes sacrés. Sa silhouette paisible, son visage éclairé et sa constance dans l’étude faisaient partie intégrante du paysage spirituel du lieu.
Ceux qui l’ont côtoyé évoquent unanimement un homme qui accueillait chacun avec un visage rayonnant, attentif aux autres, rigoureux dans l’observance des mitsvot, aussi bien dans les grandes que dans les plus petites. Sa piété n’était jamais ostentatoire ; elle se manifestait dans la régularité, la bienveillance et un profond respect de chaque être humain.
Rabbi Haïm Ilouz laisse derrière lui une famille profondément engagée dans la vie religieuse et éducative en Israël. Parmi ses fils figurent le rabbin Mordekhaï Ilouz, directeur général des institutions Shaarei Tsion, le rabbin Moché Ilouz, directeur général du réseau El HaMaayan, et le rabbin Ami Ilouz, président du conseil religieux de Kiryat Malakhi et directeur général d’institutions éducatives à Kiryat Ata. Leur parcours est souvent cité comme le prolongement naturel de l’héritage spirituel transmis par leur père.
Ses funérailles ont eu lieu en ce dimanche, quittant son domicile situé ברחוב קצות החושן 12 à Modi’in Illit pour le cimetière de Har HaMenuchot, à Jérusalem, où il a été inhumé entouré d’une foule nombreuse, venue lui rendre un dernier hommage.
Avec la disparition de Rabbi Haïm Ilouz, c’est une génération de justes silencieux qui s’efface peu à peu : des hommes qui n’ont pas cherché la lumière des projecteurs, mais qui ont éclairé leur entourage par la constance de leur foi, la force de leur exemple et la simplicité de leur humanité.






