Yaniv Serudi z״l avait 26 ans. Il venait d’Ashdod. Ce n’était pas un soldat, pas un combattant d’une unité d’élite, pas un homme entraîné à la guerre. Et pourtant, le 7 octobre, lors de l’attaque terroriste du festival Nova, il a incarné ce que signifie le courage à l’état pur. Celui qui surgit sans uniforme, sans ordre, sans calcul — uniquement porté par l’instinct de sauver des vies.
Quand les terroristes du Hamas ont lancé leur massacre, Yaniv aurait pu fuir. Comme tant d’autres, il aurait pu chercher un abri, courir, se cacher. Il ne l’a pas fait. Au cœur du chaos, sous les tirs, il a affronté un terroriste, lui a arraché son arme et l’a neutralisé. Puis, au lieu de partir, il est resté. Il a soigné des blessés. Il a aidé ceux qui ne pouvaient plus se lever. Il a choisi la responsabilité plutôt que la survie individuelle.
Lorsque Yaniv a finalement décidé de quitter les lieux, ce n’était toujours pas pour se sauver seul. Il a fait monter dans sa voiture sa compagne, Sivan, ainsi que huit autres survivants. Dix personnes entassées dans un véhicule devenu une cible mouvante. Sous un feu nourri, il a conduit en zigzag, cherchant à éviter les balles, refusant de ralentir malgré la peur, malgré la douleur, malgré le sang.
Car Yaniv a été touché. Pas une fois. Pas deux fois. Quatre balles. Quatre impacts qui auraient arrêté n’importe quel être humain. Mais lui n’a pas freiné. Il n’a pas abandonné le volant. Il n’a pas cédé. Jusqu’à ce qu’il atteigne l’enceinte de la division de Gaza, où il a déposé, vivants, tous ceux qu’il transportait.
Ce n’est qu’après avoir accompli cette mission impossible que son corps a lâché.
Yaniv a été évacué vers l’hôpital dans un état critique. Il s’est battu encore, mais ses blessures étaient trop graves. Il est décédé des suites de ses blessures. Il n’a pas survécu. Mais il a sauvé des vies. Et par cela, il a inscrit son nom dans l’histoire morale d’Israël.
Yaniv Serudi z״l n’était pas un héros par profession. Il l’est devenu par choix. Un choix pris en quelques secondes, dans l’enfer absolu, là où beaucoup perdent leurs repères. Il a choisi l’autre. Il a choisi de rester. Il a choisi de protéger. Il a choisi d’aimer.
Son acte résume une vérité profonde, souvent oubliée : l’héroïsme n’est pas réservé aux soldats. Il appartient à ceux qui, face au mal, refusent de détourner le regard. Ceux qui transforment leur dernier souffle en bouclier pour les autres.
Dans sa mort, Yaniv a donné la vie.
Dans son courage, il a redéfini la notion de sacrifice.
Dans son histoire, il laisse derrière lui un symbole de bravoure, d’amour et de responsabilité humaine.
Que sa mémoire soit une bénédiction.
יהי זכרו ברוך 💔






