
Les habitants du nord d’Israël et les amateurs de nature ont vécu un moment exceptionnel la semaine dernière. Dans les bassins piscicoles de Maayan Tzvi, près de la côte du Carmel, une canard femelle marine du groupe des plongeurs a été observée — une apparition extrêmement rare, qui ne se produit en moyenne qu’une fois tous les dix ans en Israël.
Pour les ornithologues comme pour les promeneurs présents sur place, la scène avait quelque chose d’irréel : un oiseau habituellement cantonné aux eaux froides du nord de l’Europe, posé tranquillement au cœur d’un site israélien.
Un hiver européen hors normes
Selon les explications fournies par Keren Kayemeth LeIsrael, cette apparition inhabituelle est directement liée aux conditions météorologiques extrêmes en Europe. Les tempêtes violentes et le froid intense observés ces dernières semaines ont poussé plusieurs espèces nordiques à modifier leurs routes migratoires, les forçant à descendre bien plus au sud que d’ordinaire.
« Les hivers rigoureux créent parfois des fenêtres uniques », expliquent des spécialistes de la faune. « Des animaux qui ne traversent normalement jamais le bassin méditerranéen se retrouvent soudainement sur nos côtes ou dans nos zones humides. »
Un événement rarissime pour les naturalistes
La présence de cette canarde plongeuse est considérée comme un événement majeur dans la communauté des observateurs d’oiseaux. Beaucoup n’espéraient jamais voir une telle espèce en Israël au cours de leur vie.
Pour certains passionnés, il a fallu quelques secondes pour réaliser qu’ils étaient face à une observation historique, digne des grandes bases de données ornithologiques internationales.
Une tendance récente inquiétante… et fascinante
Ce n’est pas la première fois cet hiver que la nature réserve des surprises. Il y a à peine deux semaines, des randonneurs et plongeurs ont documenté deux apparitions distinctes de requins rares en mer Rouge, dont un requin bleu (Prionace glauca), une espèce menacée à l’échelle mondiale et très inhabituelle dans les eaux israéliennes.
Les experts y voient à la fois un signal d’alerte climatique et une opportunité scientifique : le dérèglement des équilibres pousse des espèces hors de leurs habitats traditionnels, offrant des observations inédites… mais révélant aussi la fragilité des écosystèmes.
La nature rappelle sa puissance
Pour les habitants du nord, cette rencontre rare restera gravée comme un instant suspendu, un rappel que même dans un pays densément peuplé et technologiquement avancé, la nature est encore capable de surprendre — parfois une fois par décennie seulement.





