Le groupe israélien Elbit Systems a remporté une série de contrats d’un montant total de 100 millions de dollars auprès du ministère israélien de la Défense, pour le développement de la prochaine génération du système de numérisation de l’armée de terre. Ces contrats ont été attribués par la Direction de la recherche et du développement des moyens de combat et des infrastructures technologiques, connue sous le nom de MAFAT, rattachée au ministère de la Défense.

Dans le cadre de ces accords, Elbit sera chargée de concevoir et de déployer la cinquième génération du programme de « Tsahal numérique » pour les forces terrestres. Ce système vise à transformer en profondeur la conduite des opérations militaires en accélérant le rythme de combat, en améliorant la coordination entre les unités et en renforçant la capacité de décision des commandants à tous les échelons.

Selon les informations communiquées, la nouvelle architecture numérique permettra de fournir des capacités de commandement et de contrôle avancées aux états-majors, depuis le niveau stratégique jusqu’aux unités tactiques engagées sur le terrain. L’objectif central est d’assurer une connectivité complète et continue entre toutes les composantes de l’armée israélienne : forces terrestres, aviation et marine. Cette interconnexion vise à créer une image opérationnelle partagée, actualisée en temps réel, afin de permettre une réaction plus rapide et plus précise face aux menaces.

Le système développé par Elbit intégrera également des capacités avancées de soutien aérien et d’appui d’artillerie pour les forces manœuvrantes. Concrètement, les unités combattantes pourront recevoir et transmettre des informations en temps réel, facilitant la coordination entre les troupes au sol et les moyens de feu aériens ou terrestres. Cette synchronisation accrue est conçue pour réduire les délais entre l’identification d’une cible et l’engagement effectif, tout en améliorant la sécurité des forces déployées.

Un autre axe central du projet concerne l’intégration de technologies d’intelligence artificielle. Ces capacités d’IA auront pour mission d’analyser rapidement de grandes quantités de données opérationnelles, d’identifier des schémas pertinents et de proposer des aides à la décision aux commandants. L’objectif n’est pas de remplacer l’humain, mais de lui fournir des outils permettant de mieux comprendre un champ de bataille de plus en plus complexe et saturé d’informations.

Parallèlement, le programme prévoit une augmentation significative de la capacité des réseaux de communication tactiques. Ces réseaux, essentiels au fonctionnement du système, seront renforcés afin de garantir une transmission fluide et sécurisée des données, y compris jusqu’au niveau du combattant individuel sur le terrain. Cette évolution doit permettre à chaque soldat connecté de recevoir des informations opérationnelles actualisées, contribuant à une meilleure coordination et à une efficacité accrue des unités.

Elbit Systems, dirigée par son PDG Bezhalel Machlis, est déjà l’un des principaux fournisseurs de solutions technologiques pour Tsahal dans les domaines de la défense terrestre, aérienne et navale. Ce nouveau contrat vient renforcer la position du groupe comme acteur clé de la transformation numérique de l’armée israélienne, dans un contexte où les conflits modernes reposent de plus en plus sur la supériorité informationnelle et technologique.

Du point de vue du ministère de la Défense, ce projet s’inscrit dans une stratégie de long terme visant à maintenir l’avantage qualitatif de Tsahal face à des menaces multiples et évolutives. La numérisation avancée des forces terrestres est perçue comme un levier essentiel pour faire face à des adversaires utilisant des tactiques hybrides, combinant terrorisme, guerre conventionnelle et technologies avancées.

En investissant dans cette nouvelle génération de systèmes numériques, Israël cherche à renforcer la rapidité, la précision et la coordination de ses forces armées. Le contrat confié à Elbit reflète à la fois la confiance des autorités israéliennes dans l’expertise technologique nationale et l’importance stratégique accordée à l’innovation militaire dans un environnement sécuritaire régional toujours instable.