La guerre change le regard qu’on porte sur les choses. Pendant que les missiles iraniens s’abattent sur les villes israéliennes et que Tsahal frappe Téhéran, une réalité culturelle longtemps discrète refait surface avec une acuité nouvelle : certaines des figures les plus emblématiques de la culture israélienne — et mondiale — portent en elles des racines persanes. Ce n’est pas un détail anecdotique. C’est un rappel que l’Iran et Israël ont aussi, profondément enfouis sous les décennies de confrontation, des fils humains qui les relient.

La communauté juive d’Iran est l’une des plus anciennes au monde, et de nombreux membres ont émigré en Israël où ils se sont illustrés dans les domaines de la culture, de la musique, des médias et de la politique. srugim

Dana International est probablement la plus célèbre. La gagnante de l’Eurovision 1998 est issue d’une famille d’origine persane, et elle est devenue l’une des figures les plus marquantes de la pop israélienne. srugim

Rita, elle, va encore plus loin dans ce lien. La chanteuse adorée est née à Téhéran et a émigré en Israël dans son enfance. Au fil des années, elle a également chanté en persan et a gagné une popularité considérable auprès d’un public iranien. srugim Son destin incarne à lui seul la complexité de ce conflit : une femme née dans la capitale de l’ennemi désigné, devenue icône nationale du pays qui la combat.

Ses filles, Noam et Meshi Kleinshtein, ont grandi dans un foyer où la culture persane fait partie de l’identité familiale. Rita elle-même a évoqué à plusieurs reprises ce lien à la langue, à la musique et à la tradition persane qui accompagne aussi ses enfants. srugim

La famille Benaya est peut-être l’exemple le plus saisissant de l’enracinement de la Perse dans la culture israélienne. Cette famille d’artistes, dont sont issus Yossi Benaya, Ehud Benaya, Meir Benaya, Orna Benaya et Evyatar Benaya, est originaire de la communauté juive de Shiraz en Perse. Les membres de la famille sont montés à Jérusalem dès le XIXe siècle, et depuis lors sont devenus une référence dans le monde de la culture, de la musique et du divertissement en Israël. srugim

Sarit Hadad, l’une des plus grandes voix de la musique israélienne, a un père aux racines persanes. srugim Yuval le Farfelu, star incontournable des enfants israéliens, dont le vrai nom est Yuval Shem-Tov, est lui aussi issu d’une famille d’origine persane, et est devenu au fil des années l’une des figures les plus marquantes du monde de l’enfance en Israël. srugim

Liraz Charhi, actrice et chanteuse, est issue d’une famille originaire d’Iran, et ces dernières années elle a sorti de la musique en persan, se faisant connaître au-delà des frontières d’Israël. srugim

Et puis il y a Freddie Mercury — pas israélien, mais dont le lien persan est peu connu. Le chanteur du légendaire groupe Queen appartient à la communauté parsi-indienne dont les origines remontent à l’Iran. Bien qu’il soit né à Zanzibar et ait grandi en Inde puis en Grande-Bretagne, les racines de sa famille viennent de Perse. srugim

Enfin, l’ancien membre de la Knesset Michaël Ben Ari est issu d’une famille d’origine iranienne. srugim Et le journaliste et présentateur de journaux télévisés Assaf Liberman est lui aussi issu d’une famille aux racines persanes. srugim

Dans les jours de guerre, ces noms prennent une résonance particulière. Ils rappellent que derrière les régimes et les conflits, il existe toujours des histoires humaines, des trajectoires familiales, des langues et des mémoires qui transcendent les frontières. L’Iran et Israël se bombardent. Mais ils se souviennent aussi, à travers ces visages, qu’ils ont un jour partagé autre chose.