Il y a des nouvelles qui, au milieu du fracas quotidien, rappellent l’essentiel. Zikhron Yaakov, ce dimanche matin : un homme de 49 ans s’effondre dans une synagogue. Pas de pouls. Pas de respiration. Les fidèles présents composent immédiatement le 101 — le numéro d’urgence du Magen David Adom — et les secouristes arrivent sur place en quelques minutes. Ce qu’ils trouvent en entrant est une course contre la montre dont l’issue, au moment où ils franchissent la porte, est loin d’être assurée.
Les brancardiers Nati Lerner, Moti Rotman et Yossef Friedman prennent immédiatement en charge le patient. L’homme est inconscient, sans pouls, sans respiration autonome. Le diagnostic s’impose d’emblée : arrêt cardiaque. Les secondes comptent — chaque minute écoulée sans intervention réduit drastiquement les chances de survie et augmente le risque de séquelles neurologiques irréversibles.
Un protocole de réanimation poussé à son maximum
Ce qui suit est une réanimation avancée menée selon les règles de l’art. Massages cardiaques, ventilation artificielle, administration de médicaments — les trois secouristes enchaînent les gestes avec la précision que requiert ce type d’urgence vitale. Mais le cœur ne répond pas. Ils ont alors recours au défibrillateur, l’appareil qui délivre des décharges électriques contrôlées pour tenter de rétablir un rythme cardiaque normal. Un choc. Puis deux. Puis trois. Quatre. Le cœur reste silencieux.
C’est au cinquième choc électrique que le miracle médical se produit : le cœur de l’homme reprend son activité. Et plus encore — le patient reprend progressivement connaissance. Quelques minutes plus tôt, il gisait sans vie sur le sol d’une synagogue. Il est désormais conscient, capable de communiquer, de comprendre ce qui lui arrive.
Transféré en ambulance de soins intensifs du Magen David Adom vers l’hôpital Hillel Yaffe de Hadera, il est acheminé dans un état stable et en pleine conscience. Ce trajet, les secouristes ne l’oublieront pas : pendant le transport, ils expliquent à leur patient son état médical. Lui parler. L’avoir sous leurs yeux, vivant et lucide, alors qu’ils l’avaient trouvé inerte quelques dizaines de minutes plus tôt.
La voix des sauveteurs
Nati Lerner, Moti Rotman et Yossef Friedman ont livré leur témoignage avec une sobriété qui en dit long. « Nous avons reçu un signalement pour un homme effondré dans une synagogue, nous nous sommes rendus rapidement sur place et nous avons trouvé un homme de 49 ans allongé, inconscient, sans pouls et sans respiration », ont-ils expliqué. « On nous a dit qu’il s’était effondré et qu’on avait immédiatement appelé le 101. Nous avons tout de suite compris qu’il s’agissait d’un événement cardiaque. »
Ils décrivent ensuite la séquence des actes : massages, ventilation, médicaments, cinq décharges du défibrillateur. Et puis cette phrase qui résume tout : « Nous sommes tellement heureux d’avoir réussi à le sauver. C’est très émouvant d’arriver auprès d’un patient inconscient et de le transporter à l’hôpital alors qu’il vous parle. »
Ce témoignage dit quelque chose de fondamental sur ce que représente le travail des urgentistes. Il y a dans ces mots — l’émotion d’hommes de terrain rompus à des situations extrêmes — une humanité qui contraste avec l’image parfois désensibilisée que l’on prête aux professionnels du secours d’urgence. Non, cinq chocs électriques sur un homme en arrêt cardiaque dans une synagogue, ça ne laisse pas indifférent. Même quand on le fait pour la centième fois.
Le défibrillateur, entre technique et symbolique
L’arrêt cardiaque soudain est, en médecine d’urgence, l’une des situations les plus imprévisibles et les plus redoutables. Il peut frapper n’importe qui, n’importe où — sur la voie publique, dans un centre commercial, dans un lieu de culte. La présence de défibrillateurs dans les espaces publics, largement répandue en Israël depuis plusieurs années, joue un rôle décisif dans la survie des victimes. Les premières minutes sont décisives : chaque minute sans défibrillation réduit de 7 à 10 % les chances de survie.
Dans ce cas précis, c’est la rapidité d’intervention des équipes du Magen David Adom — et leur obstination à maintenir la réanimation malgré quatre premiers chocs infructueux — qui a fait la différence. Une cinquième tentative, là où d’autres pourraient hésiter. Ce détail n’est pas anecdotique : il illustre exactement ce que l’on attend des secouristes dans les situations où la frontière entre la vie et la mort se joue à quelques secondes.
L’homme de 49 ans, lui, a quitté l’ambulance sur ses propres paroles. Il parlait à ses sauveteurs. C’est, en soi, tout ce qu’il y a à retenir.
Sur le rôle et l’histoire du Magen David Adom, l’organisation de secours israélienne au cœur de cet événement, un éclairage utile : Le Magen David Adom et ses combats institutionnels. L’innovation médicale israélienne en matière de soins d’urgence est également illustrée dans cet article sur une technologie qui sauve des vies : Le bandage anti-hémorragique israélien vendu dans le monde entier.






