Le dispositif de simulateurs déployé à Sivta, l’école du corps de l’artillerie de Tsahal, offre aujourd’hui une réponse complète, du tir à l’arme légère jusqu’aux entraînements les plus complexes à la conduite du feu, en passant par le maniement de canons, de roquettes et de mini-drones. Situé près du carrefour de Massabim, dans le Néguev, le camp qui porte le nom de Tel Sivta, un site du patrimoine mondial de l’UNESCO voisin, abrite l’école de l’artillerie de campagne, connue dans l’armée pour son ambiance particulière.

Lors des entraînements à la conduite du feu, les stagiaires sont exposés à un environnement périphérique conçu pour simuler un champ de bataille fidèle à la réalité : chute d’obus d’artillerie, identification de nos propres forces face à l’ennemi, et gestion de conditions météorologiques complexes limitant la visibilité.

Des leçons du champ de bataille intégrées en quelques jours

L’un des principaux atouts de ces simulateurs réside dans la capacité à intégrer rapidement les enseignements tirés des combats récents. « Si nous avons tiré une leçon d’un combat en zone dense à Gaza ou d’une confrontation avec des drones, nous pouvons construire un nouveau scénario dans le simulateur en une semaine à peine », détaille un capitaine de réserve identifié par la lettre A. « Cette flexibilité nous permet de confronter les combattants à des situations que nous ne voudrions pas leur faire découvrir pour la première fois sur le terrain, comme la gestion d’urgences lors du pilotage d’un appareil aérien, ou l’entraînement à une cadence de tir élevée sans gaspiller de munitions coûteuses. »

L’IA prend le relais de l’instructeur

Au-delà de la reproduction physique du champ de bataille, le corps met un accent particulier sur le développement technologique de capacités d’entraînement autonomes. Auparavant, chaque stagiaire avait besoin d’un instructeur assis à ses côtés, observant ses actions et lui fournissant un retour à la fin de l’exercice. Aujourd’hui, les systèmes technologiques sont capables de réaliser le briefing, de suivre les actions du stagiaire et de fournir un retour automatique et précis sur les points à améliorer.

« La capacité à recevoir un retour immédiat et à s’entraîner à nouveau à ce moment précis génère une courbe de progression très élevée », explique le capitaine A. « Nous le constatons clairement. Des soldats qui rencontrent des difficultés sur un stand de tir en extérieur entrent dans un simulateur mobile situé à proximité immédiate, suivent un entraînement ciblé avec un encadrement rapproché, et retournent au stand avec un tir qui s’améliore immédiatement. »

Deux axes pour l’avenir : réalité augmentée et capteurs intelligents

En se projetant vers l’avenir, la brigade identifie deux axes majeurs qui guideront la modernisation des entraînements dans les années à venir. Le premier est un recours croissant à la réalité augmentée, combinant des lunettes avancées avec les entraînements sur le terrain. Les combattants pourront se tenir sur un terrain réel, tout en portant des lunettes projetant sur le paysage les données de conduite du feu et des menaces en temps réel, ce qui rapprochera encore davantage l’entraînement de la réalité.

Le second axe concerne le retour automatique basé sur des capteurs et des caméras, allant au-delà d’une analyse purement algorithmique des performances de l’équipe. Des caméras et des capteurs identifieront l’ensemble des actions des combattants, enregistreront les ordres du commandant et analyseront si l’ordre et les délais ont été respectés comme requis, sans nécessiter de superviseur humain. « En fin de compte, la technologie existe déjà sur le marché », résument les responsables de la brigade. « Notre rôle est de continuer à la caractériser, à l’affiner selon les besoins opérationnels du corps de l’artillerie, et à garantir que nos combattants arrivent à l’épreuve de vérité prêts au niveau le plus élevé possible. »

Pour prolonger ce sujet, deux articles déjà publiés sur infos-israel.news reviennent sur l’usage croissant de l’intelligence artificielle au sein de Tsahal :

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