Pendant des années, le diplôme universitaire a été considéré comme un billet d’entrée assuré sur le marché du travail. Il perd peu à peu ce statut. De nouveaux chiffres publiés par le Service de l’emploi, rapportés par Shahar Ilan dans Calcalist, montrent une forte hausse du nombre de diplômés au chômage en Israël. Et ce, alors même que le taux de chômage global reste particulièrement bas.
Une progression continue
Selon le rapport, les diplômés représentaient en août dernier 20,5 % de l’ensemble des demandeurs d’emploi, contre seulement 14 % en août 2022. Leur part a donc bondi d’environ 46 % en quatre ans.
La tendance est constante. Cette part était de 18,6 % en mai, de 19,7 % en juin et de 20,3 % en juillet, et elle continue de grimper.
La high-tech n’est plus à l’abri
Le ralentissement de la high-tech est l’une des principales causes de cette hausse. Le nombre de demandeurs d’emploi parmi les développeurs de logiciels et les analystes d’applications a augmenté d’environ 6,4 % ces derniers mois, passant de 8 350 en juin à environ 8 900 en août. Ce chiffre montre que l’un des grands moteurs de croissance de l’économie israélienne n’est plus protégé contre la vague de licenciements.
Un marché du travail qui se transforme
Le Service de l’emploi observe un changement plus large dans la structure du marché du travail. Autrefois, le chômage touchait surtout les catégories les plus fragiles. Aujourd’hui, la hausse est constante chez les plus diplômés et dans les populations des groupes socio-économiques élevés.
La répartition par groupes socio-économiques le confirme. La part des demandeurs d’emploi issus des groupes les plus favorisés (8 à 10) est passée de 16,8 % il y a trois ans à 20,6 % aujourd’hui. Dans les groupes les moins favorisés (1 à 3), elle a au contraire baissé.
L’effet de l’été dans l’éducation
Le rapport relève aussi un effet saisonnier : les licenciements d’été dans le système éducatif, qui concernent surtout des enseignantes ultra-orthodoxes mises en congé sans solde pendant les grandes vacances. Résultat : une hausse du nombre de femmes demandeuses d’emploi, et une augmentation de près de 8 % du nombre de demandeurs d’emploi issus du secteur ultra-orthodoxe.
Le constat est clair : en Israël, le diplôme reste un atout, mais il ne met plus à l’abri du chômage, surtout dans un secteur high-tech en perte de vitesse.
Le marché du travail israélien est aussi bousculé par l’intelligence artificielle : relisez les scénarios qui inquiètent les experts face à l’IA. Sur les grandes vagues de licenciements, lisez aussi les suppressions de postes chez Teva, ainsi que la situation des chômeurs pendant la crise du coronavirus.
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