Les capitaux étrangers affluent en Israël. Le rapport annuel de l’économiste en chef du ministère des Finances fait état d’un changement d’échelle des investissements étrangers dans l’économie israélienne en 2025, et d’une tendance positive qui se poursuit au début de 2026.
Selon les données de l’OCDE citées dans le rapport, les investissements directs étrangers (IDE) entrés en Israël en 2025 ont atteint environ 26,2 milliards de dollars. C’est une hausse d’environ 78 % par rapport à 2024, où ils s’élevaient à environ 14,8 milliards de dollars.
Israël à contre-courant de l’OCDE
Le chiffre israélien se distingue particulièrement au niveau international. Dans le monde, les flux d’investissement n’ont progressé que de 6 %, et ils ont même reculé en moyenne d’environ 6 % dans les pays de l’OCDE. Israël a au contraire enregistré une forte hausse, qui le place au 8e rang des pays de l’organisation pour le montant absolu des investissements, et au 7e rang pour les investissements rapportés au PIB.
Les écarts sont importants au sein de l’OCDE. Les États-Unis, la France et l’Italie ont enregistré des baisses, d’environ 8 %, 47 % et 56 % respectivement. À l’inverse, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont connu des bonds d’environ 255 % et 158 %. Parmi les pays du G20 non membres de l’OCDE, la tendance est positive, portée par la Chine (+88 %) et le Brésil (+23 %).
Des transactions record
En plus des flux financiers entrants, la base de données des transactions annoncées, tenue par le département de l’économiste en chef, montre un bond d’environ 65 %, pour une valeur totale d’environ 36,6 milliards de dollars, contre 22,2 milliards en 2024. Ce montant dépasse même celui de l’année record 2021, malgré une légère baisse du nombre total de transactions, passé de 1 643 à 1 575.
Les États-Unis se sont imposés comme la source principale et presque exclusive des investissements, avec des transactions d’environ 32 milliards de dollars, soit environ 90 % du total entrant de la base. La part des pays européens est tombée à environ 7 %, soit environ 2,5 milliards de dollars. Les autres pays notables de la base sont l’Allemagne, la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni et les Pays-Bas.
Wiz et CyberArk, les locomotives
Le principal moteur de ce bond a été une série de méga-transactions dans le logiciel et la cybersécurité. En tête, le rachat de Wiz par Alphabet (Google) en mars 2025, estimé à environ 32 milliards de dollars : la plus grande transaction de l’histoire du pays. Autre opération marquante, le rachat de CyberArk par l’américain Palo Alto Networks, pour environ 25 milliards de dollars.
La répartition par secteur montre la domination écrasante du logiciel et des technologies de l’information, qui concentrent environ 90 % de la valeur des transactions, soit environ 33 milliards de dollars. Les sciences de la vie et la santé arrivent loin derrière, avec environ 1,3 milliard de dollars (environ 3,4 %), suivies des communications (environ 2 %) et des matériaux (environ 1,5 %).
Un début 2026 historique
L’élan se poursuit avec force en 2026. Selon les données de l’OCDE, les investissements directs étrangers ont atteint le niveau sans précédent de 14,1 milliards de dollars au premier trimestre 2026. C’est le trimestre le plus fort jamais enregistré, qui représente à lui seul plus de la moitié du total de toute l’année 2025. La base de l’économiste en chef fait état, pour ce trimestre, de transactions d’environ 6 milliards de dollars, en hausse d’environ 33 % par rapport au même trimestre de 2024.
« Une marque de confiance claire »
L’économiste en chef du ministère des Finances, le Dr Shmuel Abramzon, a commenté ces chiffres. « L’année 2025 a été marquée par la persistance de défis géopolitiques et économiques, en Israël et dans le monde. Malgré cette réalité complexe, l’économie israélienne a connu une croissance impressionnante de 3,5 %, l’une des plus élevées du monde développé, et a bénéficié d’une marque de confiance claire de la part des investisseurs étrangers. »
Il a ajouté : « L’année 2025 a connu un saut historique des investissements étrangers en Israël, d’autant plus remarquable que les pays membres de l’OCDE ont enregistré une baisse. La promotion d’un environnement réglementaire favorable et l’amélioration de la visibilité pour les entreprises devraient soutenir la poursuite de la hausse des flux de capitaux, qui serviront de moteur de croissance majeur. »
Les géants américains de la tech misent sur Israël depuis longtemps : relisez le rachat de Waze par Google et la réaction du BDS. Sur l’attractivité israélienne dans la défense et la technologie, lisez aussi la visite du fondateur d’Anduril, Palmer Luckey, ainsi que l’arrivée de nouvelles enseignes étrangères sur le marché israélien.
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