À l’approche de la nouvelle saison de המירוץ למיליון, diffusée sur Keshet 12, l’envie de voyager renaît naturellement. Comme chaque année, les images spectaculaires de pays lointains et de cultures variées nourrissent les rêves d’évasion. Pourtant, le contexte international récent a profondément modifié l’expérience des voyageurs israéliens à l’étranger. Antisémitisme, tensions politiques, manifestations hostiles ou, au contraire, accueil chaleureux et coopération discrète : tous les pays ne se valent plus. Retour détaillé sur les destinations traversées lors de la saison précédente et analyse de leur niveau réel de “friendliness” envers les Israéliens aujourd’hui.
Islande : paysages grandioses, climat politique glacial
L’aventure s’était ouverte en Islande, terre de volcans et de glaciers. Sur le plan touristique, le pays reste sûr et organisé. Mais politiquement et culturellement, le climat est devenu plus froid envers Israël. Depuis plusieurs années, Reykjavík soutient activement des initiatives pro-palestiniennes, a reconnu un État palestinien et s’est même retirée de l’Eurovision lors d’éditions impliquant Israël. Des propos ouvertement antisémites tenus par des figures publiques dans le passé ont laissé des traces. Pour un Israélien, voyager en Islande reste possible, mais l’expression visible de l’identité juive ou israélienne peut susciter malaise et hostilité.
Espagne : une dégradation sensible du climat
Sous le gouvernement de Pedro Sánchez, l’Espagne a durci sa ligne envers Israël. Si les tensions étaient autrefois concentrées en Catalogne ou au Pays basque, elles se sont élargies à l’ensemble du pays. Des incidents graves ont été signalés : messages antisémites dans les universités, insultes explicites, et même des cas où des passagers israéliens ont reçu des plateaux-repas marqués « Free Palestine ». Malgré une population loin d’être unanimement alignée sur cette ligne politique, le ressenti pour les touristes israéliens s’est nettement détérioré.
Gibraltar : une exception lumineuse
À l’opposé total, Gibraltar s’impose comme l’une des destinations les plus amicales au monde pour les Juifs et les Israéliens. Ce petit territoire britannique possède l’une des plus fortes proportions de population juive au monde. L’histoire locale est marquée par des figures juives majeures, dont Sir Joshua Hassan, ancien chef du gouvernement. Ici, l’identité juive est vécue comme un élément naturel du tissu social. Sécurité, respect et proximité culturelle font de Gibraltar une destination quasiment sans risque.
Maroc : relations officielles, ambiguïtés populaires
Depuis la normalisation diplomatique, le Maroc est redevenu un aimant pour les touristes israéliens. Les autorités font de réels efforts pour protéger les visiteurs. Cependant, depuis le 7 octobre, des manifestations populaires pro-Hamas et des discours antisémites ont émergé dans l’espace public, notamment dans les stades. Le Conseil national de sécurité israélien classe aujourd’hui le pays à un niveau de risque intermédiaire : voyage possible, mais vigilance recommandée, surtout hors des zones touristiques.
Sénégal : relations fragilisées
Longtemps allié discret d’Israël, le Sénégal a vu ses relations se tendre depuis la guerre à Gaza. Dakar a soutenu certaines démarches internationales contre Israël, et des incidents ont visé des représentants israéliens dans des universités. Néanmoins, les actes antisémites restent rares. Là aussi, le risque est jugé modéré, avec une attention particulière à porter aux rassemblements politiques.
Azerbaïdjan : un allié musulman inattendu
Cas presque unique dans le monde musulman, l’Azerbaïdjan entretient des relations étroites avec Israël, malgré sa frontière avec l’Iran. Les autorités encouragent activement le tourisme israélien, et les incidents antisémites y sont quasi inexistants. Pour de nombreux experts, il s’agit aujourd’hui de l’un des pays les plus sûrs pour les Israéliens, parfois même davantage que certains États européens.
Autriche : soutien officiel, inquiétude sociale
En Autriche, le gouvernement affiche un soutien clair à Israël. Mais sur le terrain, la réalité est plus complexe. Des agressions visant des enfants juifs et des familles israéliennes ont été signalées à Vienne. À l’approche de grands événements internationaux comme l’Eurovision, la communauté juive exprime une inquiétude croissante. Le contraste entre la politique officielle et le climat social est frappant.
Allemagne : mémoire historique, tensions actuelles
L’Allemagne connaît une hausse alarmante des actes antisémites, avec une augmentation de près de 77 % en 2024 selon les statistiques officielles. Si les autorités, jusqu’au plus haut niveau de l’État, reconnaissent le problème et promettent d’y faire face, la réalité quotidienne reste difficile pour les Juifs visibles. Voyager est possible, mais la prudence est de mise.
Mongolie : neutralité par éloignement
En Mongolie, l’absence quasi totale de communauté juive et l’éloignement médiatique expliquent un climat étonnamment neutre. Aucun incident notable n’a été signalé. Une destination atypique, mais relativement sereine pour les Israéliens.
Corée du Sud : fascination plus que haine
La Corée du Sud présente un paradoxe. Certains sondages révèlent des stéréotypes sur les Juifs, mais ceux-ci relèvent souvent de la « philosemitisme », une admiration parfois naïve pour la réussite académique juive. Aucun débordement violent significatif n’a été recensé.
Vietnam : relations historiquement positives
Le Vietnam conserve une image globalement neutre et bienveillante. Les liens historiques avec Israël, remontant à l’époque de Ho Chi Minh et de David Ben Gourion, contribuent à cette atmosphère. Les incidents récents impliquant des touristes non locaux ne reflètent pas l’attitude générale du pays.
Nouvelle-Zélande : société divisée
En Nouvelle-Zélande, les grandes villes ont vu se multiplier des manifestations anti-israéliennes, et des enfants juifs ont signalé des actes d’hostilité à l’école. Cependant, certaines communautés autochtones maories affichent un soutien public à Israël, créant un paysage contrasté.
Le bilan est clair : toutes les destinations ne sont plus égales pour les voyageurs israéliens. Si certaines, comme Gibraltar ou l’Azerbaïdjan, restent extrêmement accueillantes, d’autres exigent désormais une vigilance accrue. La Course au million continue de faire rêver, mais voyager en 2026 suppose plus que jamais information, discernement et adaptation.






