À la lumière de l’arrestation et de la chute de Nicolás Maduro, d’anciens témoignages refont surface, révélant un épisode peu connu de ses relations avec le monde juif. Fin 2018, le président vénézuélien avait reçu à Caracas le Shlomo Moshe Amar, alors Grand rabbin séfarade d’Israël et rabbin de Jérusalem. Lors de cette rencontre officielle, Maduro avait affirmé, devant plusieurs hauts responsables de son régime, que sa famille comptait des racines juives.

À l’époque, le chef de l’État vénézuélien avait même publié un message sur son compte X (alors Twitter), se félicitant d’un « entretien agréable et chaleureux » avec le rabbin Amar, qu’il remerciait pour sa bénédiction. Une communication qui contrastait fortement avec la ligne diplomatique adoptée par Caracas depuis 2009, année où le Venezuela avait rompu ses relations avec Israël à la suite de l’opération « Plomb durci » et renforcé son alliance stratégique avec l’Iran.

Selon des propos rapportés ultérieurement par le rabbin Amar, Maduro lui aurait confié au cours de l’entretien : « Je viens d’une famille juive originaire des Pays-Bas. Une partie s’est installée au Venezuela, une autre au Panama. Mon arrière-grand-père était juif, avant que la famille ne se convertisse au catholicisme ». Ces déclarations auraient été faites ouvertement, en présence de la vice-présidente et de plusieurs hauts dignitaires du régime.

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Des affirmations similaires avaient déjà été évoquées par Maduro lui-même en 2013, lorsqu’il avait déclaré que ses ancêtres, tant du côté Maduro que du côté Moros, étaient d’origine juive avant leur conversion. En 2019, l’ancien ambassadeur du Venezuela en France, Hector Mujica Ricardo, avait renforcé cette thèse en affirmant que le président était issu de familles juives séfarades arrivées en Amérique du Sud après l’expulsion d’Espagne, citant notamment les noms de Ricardo, Capriles, Curiel et Maduro.

Malgré ces déclarations, le régime de Maduro s’est illustré par une politique ouvertement hostile à Israël et par un rapprochement assumé avec l’Iran, incluant selon plusieurs sources occidentales une coopération militaire et l’accueil d’activistes du Hezbollah sur le sol vénézuélien. Le rabbin Amar avait néanmoins expliqué que l’objectif de sa visite était avant tout de renforcer et protéger la petite communauté juive locale, éprouvée par la crise politique et économique.

« Je suis venu en tant que rabbin de Jérusalem pour remercier le président de l’époque pour la protection accordée à la communauté juive », avait-il déclaré. Il avait également appelé les Juifs du Venezuela à intensifier leurs prières et leur attachement à la tradition, tout en rappelant que « la place naturelle du peuple juif est en Israël ».

Aujourd’hui, alors que Maduro est poursuivi par la justice américaine et accusé de narcoterrorisme, ces propos sur ses origines juives apparaissent comme un paradoxe supplémentaire dans le parcours d’un dirigeant qui, tout en revendiquant des racines hébraïques, a conduit son pays vers une alliance étroite avec les ennemis déclarés d’Israël.