Malgré les secousses traversées par le secteur technologique ces dernières années, l’année 2025 marque un net redressement salarial dans la high-tech israélienne. Selon les données publiées par la société de recrutement GotFriends, le salaire moyen dans le secteur atteint désormais près de 40 000 shekels par mois, soit une hausse de 7,4 % par rapport à 2024. Ces chiffres reposent sur l’analyse de plus de 1 500 recrutements et plus de 15 000 entretiens réalisés au cours de l’année écoulée, offrant une photographie précise et fiable du marché.

L’un des principaux moteurs de cette progression est sans conteste la spécialisation en intelligence artificielle. Les professionnels maîtrisant les technologies liées aux grands modèles de langage (LLM), au RAG (Retrieval-Augmented Generation) ou au traitement du langage naturel (NLP) bénéficient d’une véritable « prime IA », estimée à environ 9 % au-dessus de la moyenne du secteur. Leur rémunération moyenne s’élève à plus de 43 000 shekels mensuels, contre environ 39 800 shekels pour les autres fonctions technologiques.

La progression la plus spectaculaire concerne toutefois les postes de management. En 2025, les salaires des responsables de groupes de développement, des directeurs techniques et des chefs d’équipe ont bondi de 21 %, pour atteindre en moyenne près de 56 600 shekels par mois. Cette envolée s’explique par la création de nombreux nouveaux start-ups, à la recherche de profils expérimentés capables de structurer rapidement des équipes, mais aussi par l’intégration massive d’outils d’intelligence artificielle dans les grandes entreprises, qui requiert des managers à la fois techniques et stratégiquement à jour.

Autre tendance marquante : la forte demande pour les anciens membres des unités technologiques de Tsahal. Après des prolongations de service liées à la guerre, de nombreux profils expérimentés ont été libérés en 2025. Ceux disposant d’environ six années d’expérience en développement ont vu leur salaire augmenter de 15 %, atteignant en moyenne plus de 40 400 shekels par mois, souvent sans exigence préalable d’expérience civile, à condition de présenter un parcours militaire d’excellence.

Certaines compétences techniques spécifiques tirent particulièrement leur épingle du jeu. Les spécialistes du RAG ou des modèles génératifs atteignent des niveaux de rémunération compris entre 45 000 et 46 000 shekels, tandis que les experts data maîtrisant Airflow bénéficient d’un salaire moyen avoisinant 44 500 shekels, porté par une demande soutenue.

Le rapport met également en lumière une évolution encourageante sur le plan de l’égalité salariale. L’écart de rémunération entre hommes et femmes s’est réduit, passant de 11 % en 2024 à 7,4 % en 2025, soit un différentiel moyen d’environ 2 600 shekels. Le salaire moyen des hommes dans la high-tech s’élève à environ 40 600 shekels, contre 37 600 shekels pour les femmes. Dans certains métiers, les femmes sont même majoritaires, notamment dans les fonctions de Data Analyst, où elles représentent plus de la moitié des effectifs, ou encore dans la gestion de produit.

En revanche, leur représentation demeure très faible dans des domaines clés comme la cybersécurité, le développement Python ou les technologies d’IA avancée, où elles ne constituent qu’une minorité très réduite des effectifs. Un constat qui souligne à la fois le potentiel de croissance du secteur et les défis persistants en matière de diversité.

Dans l’ensemble, les chiffres de 2025 confirment une chose : la high-tech israélienne reste un secteur hautement compétitif, où la spécialisation pointue, l’expérience concrète et la capacité à intégrer l’intelligence artificielle dans les processus métiers sont désormais les principaux leviers d’accès aux rémunérations les plus élevées.