Le monde du divertissement israélien traverse l’une de ses tempêtes les plus violentes de ces dernières années. Au centre de la polémique : Nasrin Kadri, star incontestée de la scène pop-orientale, dont la carrière semblait au sommet après son récent concert à guichets fermés au Menora Mivtachim Arena. Mais derrière les projecteurs et les applaudissements, une affaire extra-artistique menace aujourd’hui de faire vaciller durablement son image publique.

Tout a commencé avec la révélation d’un incident survenu dans un club nocturne de Tel-Aviv, dans la nuit de samedi à dimanche. La Police israélienne enquête actuellement sur une altercation grave impliquant David Ziton, compagnon actuel de Nasrin Kadri, et Rom Braslavski, survivant de captivité du Hamas. Selon les éléments connus à ce stade, Ziton est soupçonné d’avoir agressé Braslavski, un fait qui a immédiatement suscité une onde de choc dans l’opinion publique.

L’affaire a pris une dimension explosive lorsque des extraits d’une conversation téléphonique entre Nasrin Kadri et Rom Braslavski ont été rendus publics. Bien que le contenu exact reste sujet à interprétation, la diffusion de cet enregistrement a provoqué une avalanche de réactions, souvent virulentes, sur les réseaux sociaux. Pour beaucoup, le simple fait que le nom d’une survivante de captivité soit associé, même indirectement, à une affaire de violence a déclenché une indignation émotionnelle massive.

Dans ce climat déjà électrique, un autre élément est venu enflammer le débat : le silence prolongé de Omer Adam, considéré depuis des années comme l’un des plus proches amis de Nasrin Kadri dans l’industrie musicale. Leur relation, souvent présentée comme une amitié profonde et sincère, avait donné lieu à de nombreuses collaborations artistiques et à une proximité assumée dans les médias.

Or, depuis l’éclatement de la polémique, Omer Adam n’a publié aucun message de soutien public, aucun « story », aucun mot, même nuancé, en faveur de Kadri. Ce mutisme a été interprété par de nombreux observateurs comme un signal lourd de sens. Dans un article publié par TMI, la journaliste Miki Levin rapporte les propos de sources internes à l’industrie : « Où est Omer Adam ? Un ami proche ne disparaît pas comme ça. Il n’a pas besoin de justifier son comportement, mais un mot, un geste, aurait été attendu ».

Un autre professionnel du milieu va plus loin : « Leur amitié est si forte que l’absence totale de réaction interroge. Même une phrase neutre aurait suffi. Son silence est assourdissant ». Ces déclarations reflètent un malaise profond dans le show-business israélien, où la loyauté personnelle se heurte souvent aux calculs d’image et aux impératifs commerciaux.

À l’inverse, une voix inattendue s’est élevée pour défendre Nasrin Kadri : celle de son ex-compagnon Liel Kotsri. Dans une publication Instagram longue et émotive, il a pris la parole avec une franchise rare. « J’ai vécu avec Nasrin pendant des années, mangé dans la même assiette, dormi dans le même lit. Je pourrais raconter mille histoires sur elle », écrit-il. Tout en reconnaissant son tempérament parfois excessif, il insiste sur un point : « Il n’y a pas, et il n’y aura jamais, un cœur comme le sien ».

Kotsri décrit une femme généreuse, engagée dans des actes de charité discrets, soutenant financièrement des familles entières et des étudiants en Torah sans jamais chercher la reconnaissance publique. « Si les gens savaient ce qu’elle fait en silence, ils n’oseraient pas la salir de cette manière », affirme-t-il, dénonçant ce qu’il qualifie d’« acharnement collectif ».

Son message ne se limite pas à la défense de Kadri. Il critique aussi violemment l’hypocrisie du milieu artistique : « Quand tu réussis, tout le monde te flatte. Quand tu tombes, on t’abandonne. Cette industrie est parfois écœurante ». Une phrase qui résonne comme un réquisitoire contre une culture où l’amitié semble conditionnée au succès et à la rentabilité.

Dans un geste qui a surpris beaucoup de lecteurs, Liel Kotsri a également adressé un message de soutien clair à Rom Braslavski. « Rom, tu es un véritable prince. Un pays entier est derrière toi », a-t-il écrit, appelant à la fin de la haine et des insultes en ligne. « Il y a des êtres humains derrière les écrans », conclut-il, tentant d’introduire une note d’humanité dans un débat devenu extrêmement toxique.

Pour Nasrin Kadri, la situation est d’une complexité redoutable. D’un côté, elle doit faire face à une tempête médiatique qui menace directement son image, ses contrats et ses collaborations futures. De l’autre, chaque prise de parole publique comporte un risque : celui d’être interprétée comme une tentative de justification ou, pire, comme une minimisation de la souffrance d’un survivant de captivité.

Quant au silence d’Omer Adam, il continue d’alimenter toutes les spéculations. Est-il le fruit d’un calcul stratégique dicté par ses conseillers ? Le signe d’une prise de distance personnelle ? Ou simplement une volonté d’attendre les conclusions de l’enquête policière avant de s’exprimer ? Pour l’heure, aucune réponse officielle n’a été apportée.

Une chose est certaine : cette affaire dépasse largement le cadre d’un fait divers nocturne. Elle révèle les failles d’un monde artistique sous pression permanente, où la frontière entre solidarité, opportunisme et peur du lynchage médiatique est de plus en plus mince. Et pour Nasrin Kadri, l’issue de cette crise pourrait bien marquer un tournant décisif dans sa carrière — non pas sur scène, mais dans l’arène impitoyable de l’opinion publique.