Alors que l’actualité israélienne est saturée de crises sécuritaires, économiques et sociales, une autre réalité continue de s’écrire loin des projecteurs. Chaque semaine, des milliers d’Israéliens choisissent de consacrer du temps, de l’énergie et parfois des ressources personnelles au service des autres. Cette dynamique silencieuse, portée par des associations de terrain, constitue aujourd’hui l’un des piliers les plus solides de la résilience nationale.

Au cœur de cet engagement se trouve l’association Ruh Tova, issue du groupe Arison, qui centralise sur une seule plateforme des centaines d’opportunités de bénévolat à travers tout le pays. Son objectif est clair : connecter efficacement les volontaires – particuliers ou entreprises – avec les structures qui ont un besoin urgent d’aide humaine.

סיוע לימודי לתלמידי הגימנסיה בנתניה

L’initiative couvre l’ensemble du territoire israélien et s’adresse à tous les profils. Étudiants, actifs, retraités ou professionnels spécialisés peuvent trouver une mission correspondant à leurs compétences, à leur disponibilité et à leur localisation. Cette approche personnalisée permet de transformer la bonne volonté en action concrète, durable et utile.

Parmi les projets actuellement mis en avant figure celui de l’association Tapuach, qui agit depuis l’an 2000 pour réduire les inégalités numériques. Dans un pays où les services administratifs, médicaux et bancaires sont de plus en plus dématérialisés, des dizaines de milliers de personnes âgées se retrouvent en difficulté face à la technologie. Les bénévoles recherchés sont chargés de les accompagner dans l’utilisation de smartphones, que ce soit à distance ou en présentiel, dans un cadre souple et de long terme.

Dans le nord du pays, au sein du village communautaire de Kamon, la ferme thérapeutique Havat Rom accueille chaque jour des personnes souffrant de troubles psychiques. Le travail agricole y est utilisé comme outil de reconstruction personnelle. Des volontaires disposant de connaissances en jardinage sont sollicités pour accompagner les participants dans l’entretien des potagers, des serres et des espaces créatifs. Ce type de bénévolat ne repose pas uniquement sur l’aide matérielle, mais sur la présence humaine et la constance du lien.

תמיכה באוכלוסיית חולים כרוניים ובני הגיל השלישי

Dans la région du Sharon, le lycée Gymnasia Netanya ouvre ses portes à des bénévoles prêts à soutenir scolairement des adolescents en rupture avec les cadres éducatifs classiques. Ces jeunes, souvent marqués par des parcours personnels complexes, bénéficient d’un accompagnement individualisé qui peut faire la différence entre décrochage définitif et réintégration sociale.

Au centre du pays, à Petah Tikva, la maison de retraite Beit HaDekel recherche des volontaires pour accompagner des personnes âgées dépendantes et des survivants de la Shoah. Il ne s’agit pas de soins médicaux, mais de présence, d’écoute, de promenades partagées et de moments de dialogue. Dans un contexte où l’isolement des seniors est devenu un enjeu national, ce type d’engagement prend une dimension profondément humaine.

À Jérusalem, le centre Mishkenot Jerusalem propose aux bénévoles de transmettre leurs savoirs à des personnes en situation de handicap physique. Ateliers, conférences, activités culturelles ou événements festifs : l’objectif est de créer un cadre de vie riche, stimulant et respectueux de la dignité des résidents.

Dans le sud du pays, l’association Hasdei Irit organise chaque semaine la distribution de colis alimentaires à des familles en grande précarité. Les bénévoles disposant d’un véhicule personnel sont invités à participer à cette chaîne logistique solidaire, souvent en soirée, permettant de toucher directement les foyers dans le besoin.

Ce qui relie toutes ces initiatives, au-delà de leur diversité, c’est la même conviction : la société israélienne ne tient pas uniquement grâce à ses institutions, mais grâce à l’engagement quotidien de citoyens ordinaires. Dans une période marquée par l’incertitude et la fatigue collective, ces actions rappellent que la solidarité n’est pas un slogan, mais une pratique vivante.

Loin des polémiques et des affrontements idéologiques, le bénévolat agit comme un ciment social. Il crée des ponts entre générations, communautés et régions, tout en offrant à chacun la possibilité de jouer un rôle actif dans la reconstruction du tissu social. Dans l’Israël d’aujourd’hui, cette mobilisation discrète apparaît plus que jamais comme une force stratégique.