Le ministre des Finances Bezalel Smotrich a cherché à apaiser les inquiétudes du public attaché aux standards les plus stricts de la cacherout, en affirmant que la réforme de l’importation des produits laitiers ne se ferait au détriment ni des exigences halakhiques ni de la confiance des familles observantes. Selon lui, un travail préparatoire approfondi et professionnel a été mené avec l’ensemble des instances concernées afin de garantir que les produits laitiers qui entreront sur le marché israélien répondront aux normes de cacherout mehadrin les plus élevées, sans risque de halav akoum.

S’exprimant lors d’une conférence de militants de son parti à Rishon LeZion, en présence de plusieurs centaines de participants, Smotrich a détaillé sa vision de la lutte contre le coût de la vie. Il a expliqué que les mécanismes de contrôle et de supervision de l’importation ont été structurés de manière à permettre une baisse des prix, tout en préservant pleinement les principes religieux. À ses yeux, l’objectif est clair : permettre au public respectueux de la tradition de bénéficier d’une concurrence accrue et de tarifs plus accessibles, sans aucune concession sur le plan halakhique.

Le ministre a insisté sur son engagement personnel et politique en faveur du bien-être des familles israéliennes, en particulier celles qui comptent de nombreux enfants. Il a déclaré que la mission centrale qu’il s’est fixée est de garantir que les familles, quelles que soient leur taille et leurs revenus, puissent acheter des produits de base pour leurs enfants « avec dignité et sérénité ». Dans ce cadre, la réforme du secteur laitier est présentée comme un levier concret pour alléger le panier de consommation, souvent lourdement impacté par les prix élevés des produits alimentaires essentiels.

Un moment d’émotion a marqué son discours lorsque Smotrich a partagé un souvenir personnel lié à son histoire familiale. La voix nouée, il a évoqué sa grand-mère, survivante de la Shoah, et le thème récurrent de la faim qui revenait dans ses récits. Il a expliqué que cette mémoire constitue un moteur profond de son action publique. « Mon objectif est qu’aucun enfant ne souffre de la faim dans l’État d’Israël », a-t-il affirmé, reliant ainsi les décisions économiques actuelles à une responsabilité morale et historique plus large.

Selon Smotrich, les deux dernières années ont été marquées par une gestion économique sous des conditions de guerre complexes, ce qui a imposé des contraintes exceptionnelles. Désormais, a-t-il souligné, l’enjeu est de faire en sorte que la croissance et les performances macroéconomiques se traduisent concrètement dans la vie quotidienne des citoyens. Il a insisté sur le fait que les bénéfices de l’activité économique doivent atteindre directement les ménages, notamment par une réduction tangible du coût de la vie.

Dans cette perspective, la réforme de l’importation des produits laitiers est présentée comme un exemple de politique combinant efficacité économique et sensibilité sociale. En assurant une supervision stricte de la cacherout tout en favorisant la concurrence, le ministère des Finances entend répondre à deux préoccupations centrales du public : la fidélité aux normes religieuses et la pression financière croissante sur les familles.

Les déclarations de Smotrich visent ainsi à désamorcer les craintes exprimées par certains segments de la population, tout en réaffirmant une ligne politique qui se veut à la fois pragmatique et idéologique. Le message adressé est celui d’une continuité : lutter contre la cherté de la vie sans renoncer aux valeurs, et faire de la politique économique un outil au service de la cohésion sociale et de la dignité des citoyens.