Israël a reculé en 2025 à la 35e place de l’indice mondial de perception de la corruption, sur 182 pays évalués, selon le rapport publié ce mardi. Il s’agit d’une dégradation notable par rapport à l’année précédente, où l’État hébreu occupait la 30e position. Avec un score de 62 points, en baisse de deux points par rapport à 2024, Israël se retrouve désormais derrière des pays comme les Émirats arabes unis, la Lituanie et le Chili, mettant en lumière une tendance préoccupante dans un contexte international déjà marqué par une aggravation générale de la corruption.
Le classement place Israël en dessous des Émirats arabes unis, qui affichent un score de 69, de la Lituanie avec 65 points et du Chili avec 63. En tête du classement figurent les pays considérés comme les moins corrompus au monde, à savoir le Danemark avec 89 points, la Finlande avec 88 et Singapour avec 84. Aucun pays n’a toutefois obtenu le score maximal de 100, ce qui souligne l’ampleur globale du phénomène et la difficulté à atteindre des standards de transparence irréprochables.
L’indice révèle également une détérioration généralisée à l’échelle mondiale. Même des démocraties établies subissent une baisse de leurs performances, souvent sur fond de changements politiques ou institutionnels. Il y a dix ans, douze pays obtenaient un score supérieur à 80 ; ils ne sont plus que cinq cette année. Cette contraction reflète une tendance lourde : la corruption progresse ou, à tout le moins, la perception de son impact devient plus aiguë dans de nombreux systèmes politiques.
Un autre signal d’alarme mis en évidence par le rapport concerne la réduction des libertés civiles. Dans 36 des 50 pays ayant enregistré une baisse significative de leur score depuis 2012, on observe parallèlement un recul de l’espace civique, avec des restrictions accrues sur la liberté d’expression, d’association et de rassemblement. Les rédacteurs de l’indice soulignent un lien étroit entre la corruption et l’affaiblissement des contre-pouvoirs démocratiques, notamment l’indépendance du système judiciaire et la liberté des médias.
L’indice est publié depuis 1995 par l’organisation Transparency International, qui évalue la perception de la corruption dans le secteur public sur la base d’enquêtes menées auprès de chefs d’entreprise, d’universitaires et d’experts internationaux. En Israël, la publication et l’analyse du rapport sont assurées par l’antenne locale de l’organisation, connue sous le nom de Transparence Internationale Israël.
À l’échelle internationale, plusieurs grandes puissances démocratiques ont également vu leur score se dégrader. Les États-Unis sont passés de 65 points en 2024 à 64 en 2025. La France a reculé de 67 à 66, tandis que le Royaume-Uni est descendu de 71 à 70. À l’autre extrémité du classement figurent des États marqués par une instabilité chronique et des conflits prolongés, comme le Soudan du Sud et la Somalie, qui ferment la marche avec un score de 9, suivis du Venezuela avec 10, puis de la Libye et du Yémen avec 13 points.
Le score moyen mondial pour 2025 s’établit à 42, le plus bas enregistré depuis une décennie et nettement en dessous du seuil de 50, souvent considéré comme une « ligne rouge ». Plus de 140 pays se situent désormais sous ce niveau. Parmi les pays perçus comme fortement corrompus figurent l’Iran avec un score de 23, la Russie avec 22, la Turquie avec 31, la Hongrie avec 40 et la Chine avec 43.
Cette année, les auteurs du rapport ont particulièrement examiné le lien entre corruption et érosion des valeurs démocratiques. L’accent a été mis sur l’indépendance de la justice et des médias, ainsi que sur la capacité des institutions à résister aux pressions politiques et économiques. À ce titre, l’indice appelle les États à protéger leurs systèmes judiciaires, à garantir la sécurité des lanceurs d’alerte et à permettre aux organisations de la société civile d’accéder à des financements, y compris étrangers.
Selon la juge à la retraite Dafna Avnieli, présidente de Transparence Internationale Israël, le score attribué à Israël constitue un signal d’alarme clair. Elle estime que le pays est perçu comme ne faisant pas suffisamment pour empêcher l’érosion des principes démocratiques, de la séparation des pouvoirs et du rôle des gardiens institutionnels. Israël serait également vu comme un État où l’intérêt public général n’est pas toujours prioritaire, au profit d’objectifs politiques ou sectoriels liés à la préservation du pouvoir en place.
Dans ce contexte, la baisse d’Israël dans l’indice mondial de la corruption ne se limite pas à une question de classement symbolique. Elle reflète une perception internationale plus critique quant à la gouvernance, à la transparence et à la solidité des institutions démocratiques, dans un monde où ces enjeux deviennent de plus en plus centraux pour la stabilité politique et économique.






