L’agence mondiale de notation Standard & Poor’s a relevé vendredi soir la perspective de la note de crédit d’Israël, la faisant passer de « négative » à « stable ». Cette décision intervient dans un contexte de tensions toujours vives, mais avec, selon l’agence, des signaux clairs de désescalade militaire à Gaza et dans l’ensemble de la région, à la suite du cessez-le-feu négocié par les États-Unis avec le Hamas.

Dans son communiqué, Standard & Poor’s explique que cette perspective stable repose sur « l’hypothèse que l’ampleur de la confrontation militaire directe restera contenue », même si les tensions entre Israël et le Hamas persistent et que l’environnement sécuritaire régional demeure fragile. Pour les marchés financiers, ce changement de perspective constitue un signal important, traduisant une confiance accrue dans la capacité d’Israël à contenir les risques sécuritaires sans compromettre durablement sa stabilité économique et budgétaire.

La décision de l’agence intervient après des mois d’incertitude, durant lesquels le conflit avait pesé lourdement sur la perception du risque israélien. Les dépenses militaires élevées, les perturbations économiques et la crainte d’un embrasement régional plus large avaient conduit S&P à adopter une posture prudente. Le passage à une perspective stable indique que, du point de vue des analystes, le scénario d’une escalade incontrôlée impliquant plusieurs acteurs régionaux est désormais jugé moins probable à court terme.

L’accord de cessez-le-feu parrainé par les États‑Unis est au cœur de cette réévaluation. Même s’il reste fragile et sujet à des violations potentielles, il a permis de réduire l’intensité des combats directs et de limiter les risques immédiats pour l’économie israélienne. Les agences de notation accordent une importance particulière à la prévisibilité : la capacité d’un État à gérer un conflit sans basculer dans une guerre régionale prolongée est un facteur clé dans l’évaluation de sa solvabilité.

Sur le plan économique, cette amélioration de perspective pourrait avoir des effets concrets. Une perspective stable réduit la pression sur les coûts d’emprunt de l’État israélien et rassure les investisseurs institutionnels, notamment dans un contexte mondial déjà marqué par des taux d’intérêt élevés et une forte aversion au risque. Pour Israël, cela signifie une marge de manœuvre budgétaire légèrement renforcée, à un moment où les dépenses sécuritaires et sociales restent élevées.

Toutefois, Standard & Poor’s reste prudente. L’agence souligne explicitement que la stabilité de la perspective ne signifie pas un retour à la normale complète. Les tensions avec le Hamas persistent, et l’environnement régional — incluant les menaces indirectes et les dynamiques impliquant d’autres acteurs — demeure instable. En d’autres termes, Israël bénéficie d’un répit relatif, mais reste sous étroite surveillance.

Pour le gouvernement israélien, cette annonce est perçue comme une validation partielle de sa stratégie sécuritaire et diplomatique. Elle suggère que, malgré un conflit intense, l’État a réussi à préserver les fondements de sa crédibilité financière. Dans un pays où la confiance des marchés joue un rôle central dans la croissance, l’investissement et la stabilité monétaire, ce type de signal est loin d’être anodin.

Du point de vue international, la décision de S&P s’inscrit dans une lecture plus large de la situation régionale. Les agences de notation ne jugent pas uniquement les événements militaires, mais leur impact systémique. La perception d’une désescalade, même temporaire, réduit le risque de chocs majeurs sur les marchés énergétiques, le commerce et les flux financiers, ce qui bénéficie indirectement à l’économie israélienne.

En définitive, le passage de la perspective négative à stable ne signifie pas que les risques ont disparu, mais qu’ils sont désormais considérés comme gérables à court terme. Pour Israël, c’est un signal de confiance conditionnel : tant que la confrontation restera contenue et que la stabilité macroéconomique sera préservée, la crédibilité financière du pays devrait tenir. À l’inverse, toute reprise d’une escalade majeure pourrait rapidement remettre cette évaluation en question.

Source : Israel Today ; communiqué de Standard & Poor’s (février 2026).