Depuis le début de sa carrière, Hanan Ben Ari cultive une relation singulière avec son public. Concerts à prix réduit pour les soldats, proximité assumée avec ses fans, performances émotionnelles et prises de parole sincères : son image dépasse largement celle d’un simple chanteur populaire. Avec ce nouveau projet, il franchit une étape supplémentaire, en s’imposant désormais aussi comme entrepreneur culturel.
Selon des informations révélées par le journaliste israélien Eran Swissa, le futur lieu — provisoirement baptisé « La maison des spectacles de Hanan Ben Ari » — devrait voir le jour à Tel Aviv, épicentre de la vie culturelle israélienne. L’espace sera conçu sur mesure pour répondre aux exigences artistiques du chanteur, tant sur le plan acoustique que scénographique. Il y présentera son nouveau spectacle, tout en mettant la salle à disposition d’autres artistes lorsqu’il ne s’y produira pas.
Ce modèle hybride, très répandu aux États-Unis ou en Europe, reste totalement novateur en Israël. Jusqu’à présent, les artistes locaux dépendaient presque exclusivement de producteurs, de municipalités ou de grands groupes privés pour accéder aux scènes majeures. En devenant propriétaire de son outil de travail, Ben Ari modifie profondément les règles du jeu, gagnant une indépendance artistique et économique rare dans le paysage culturel israélien.
Le projet représente un investissement financier considérable, estimé à plusieurs millions de shekels, mais aussi un pari audacieux dans un contexte où le secteur du spectacle vivant peine encore à se remettre des années de crise sanitaire et sécuritaire. Pourtant, pour Ben Ari, le risque semble calculé : sa popularité constante, sa capacité à remplir les plus grandes salles du pays — de Césarée à Jérusalem — et la fidélité de son public constituent un socle solide.
Cette proximité avec ses fans n’est d’ailleurs pas qu’un slogan. Lors d’un concert récent à Césarée, le chanteur avait invité le public à écrire ses rêves sur des petits papiers déposés dans une boîte. L’un d’eux demandait : « Je me marie dans un mois, viens chanter à ma houppa ». Un mois plus tard, Hanan Ben Ari tenait parole et accompagnait le couple sous le dais nuptial au son de sa chanson « Shemesh », partageant ensuite la scène sur les réseaux sociaux avec un message simple : « Les promesses, on les tient ».
Au-delà de l’anecdote, ce geste illustre la philosophie du chanteur : une carrière bâtie sur l’authenticité, l’engagement personnel et le refus des conventions établies. Son futur lieu de spectacles pourrait devenir un nouvel espace de création, favorisant des formats plus intimistes, des rencontres artistiques inédites et une liberté de programmation totale.
Si le projet aboutit comme prévu, il pourrait ouvrir la voie à une nouvelle génération d’artistes israéliens désireux de reprendre le contrôle de leur production et de leur diffusion. Pour l’industrie musicale locale, l’initiative de Hanan Ben Ari n’est pas seulement un coup d’éclat médiatique : c’est un changement structurel potentiel, à la croisée de la culture, de l’économie et de l’indépendance artistique.






