Une vive polémique secoue actuellement le monde de la musique israélienne après la diffusion d’une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. À l’origine de la controverse : Roi Sandler, chanteur et compositeur israélien, qui accuse l’industrie musicale – et indirectement certaines de ses figures les plus établies – de l’avoir évincé de crédits qui lui seraient dus.

Une vidéo virale à l’origine de la controverse

Dans une vidéo publiée sur TikTok, Roi Sandler apparaît en train d’interpréter ce qu’il présente comme une démo originale du titre « Techno », un immense succès interprété par Itay Levi. Le morceau, sorti en 2019 dans l’album « Que l’amour brûle », cumule plus de 12 millions de vues sur YouTube et des dizaines de millions d’écoutes sur d’autres plateformes.

Sandler affirme avoir participé à la création du titre, avant d’en avoir été retiré des crédits officiels. « C’est ma mélodie, mon idée », sous-entend-il dans la vidéo, qui a rapidement circulé et suscité de nombreuses réactions dans le milieu artistique comme auprès du grand public.

Réponse cinglante du compositeur Ron Biton

La réaction ne s’est pas fait attendre. Ron Biton, co-auteur du morceau avec Maor Shitrit, a répondu avec ironie et fermeté. Dans une déclaration relayée par la presse musicale israélienne, Biton a lancé :

« Shlomo Artzi m’a volé toutes mes chansons, et toutes ses chansons sont en réalité les miennes. »

Une phrase volontairement provocatrice, visant à tourner en dérision les accusations de Sandler et à souligner, selon lui, l’absurdité de telles affirmations dans un secteur où les influences musicales sont nombreuses et parfois difficiles à départager.

Le nom de Shlomo Artzi au cœur de la tempête

La référence à Shlomo Artzi, figure emblématique de la chanson israélienne depuis plusieurs décennies, a immédiatement amplifié la polémique. Bien qu’Arzi ne soit pas directement impliqué dans la création de « Techno », son nom est devenu un symbole dans ce débat sur l’originalité, l’inspiration et les frontières entre hommage, influence et plagiat.

À ce stade, Shlomo Artzi n’a fait aucune déclaration publique sur cette affaire.

Un débat récurrent dans l’industrie musicale

Cette controverse remet en lumière une question sensible : celle de la reconnaissance des créateurs, en particulier des artistes émergents, face à une industrie dominée par des producteurs et interprètes déjà établis. Les conflits autour des crédits, des droits d’auteur et des paternités musicales ne sont pas rares en Israël, comme ailleurs, mais les réseaux sociaux leur offrent désormais une visibilité immédiate et massive.

Pour certains observateurs, l’affaire illustre la frustration d’artistes indépendants qui peinent à faire valoir leur contribution réelle dans un système très concurrentiel. D’autres estiment au contraire que ces accusations publiques, sans recours judiciaire formel, relèvent davantage d’une stratégie de notoriété que d’un véritable litige juridique.

Sandler poursuit sa carrière malgré la polémique

En parallèle de cette tempête médiatique, Roi Sandler a sorti récemment un nouveau single intitulé « Médley de la foi », espérant sans doute transformer l’attention suscitée par la polémique en tremplin artistique. Il fait également parler de lui dans la presse people pour sa relation avec une jeune mannequin de 20 ans, officialisée l’été dernier.

Reste à savoir si cette affaire débouchera sur une action en justice, ou si elle s’éteindra comme tant d’autres polémiques numériques. Une chose est certaine : le débat sur la création, le crédit et la reconnaissance dans la musique israélienne est, lui, loin d’être clos.