Un enfant vient de naître ? Mazal tov. Du moment où le test de grossesse affiche deux traits jusqu’au premier regard qui vous fait fondre en salle d’accouchement, la vie change du tout au tout. Mais avec l’émotion vient aussi autre chose : une étiquette de prix lourde, qui vous accompagnera durant les 21 années suivantes.

Combien coûte vraiment aujourd’hui d’élever un enfant en Israël ? Une enquête a été menée auprès de familles issues de tous les milieux sociaux, permettant de reconstituer la ligne du temps financière d’un enfant, du premier lange jusqu’au jour de sa libération de Tsahal. Les résultats dépassent largement toutes les estimations.

Avant même la naissance, les dépenses commencent déjà à peser lourd. De la préparation de la chambre — lit, commode, armoire, siège auto — aux vêtements et aux couches, les trois premières années s’accompagnent de nouveaux types de dépenses qui pèsent fortement sur la jeune famille. L’équipement de base avant l’accouchement se situe aujourd’hui entre 10 000 et 12 000 shekels, et peut grimper jusqu’à 22 000 shekels et plus. Et cela, avant même la poussette, dont le prix oscille entre 2 000 et 6 000 shekels.

« 7 100 shekels par mois » : de la crèche à l’école primaire

Le bébé grandit, apprend à parler et se sèvre des couches, et s’ajoutent alors au budget la crèche privée, le centre de loisirs de l’après-midi, le siège auto et le lit d’appoint. Le calcul pour cette tranche d’âge comprend les couches, la crèche ou la nourrice, ainsi que de lourdes dépenses ponctuelles. La somme atteint 7 100 shekels par mois — soit 426 600 shekels par enfant sur cinq ans.

Nitsan Zamir Hershkovitz, enseignante habitant à Ra’anana et mère de deux jeunes enfants, Yahav (3 ans) et Hili (7 ans), évoque un montant qui dépasse facilement les 13 000 shekels par mois, rien que pour ses enfants.

Vient ensuite l’entrée en CP. L’équipement change : cartable, cahiers, trousse et matériel scolaire. Les activités extrascolaires deviennent elles aussi plus coûteuses. Mor Shimoni Ran, conseillère parentale spécialiste de la petite enfance, raconte : « L’année dernière, j’ai inscrit ma première fille en CP, et je pensais que c’était terminé, cette histoire de jardins d’enfants privés. On arrive en CP, et en fait j’ai compris que les dépenses changent juste de nom. Il faut le centre de loisirs et les frais scolaires, et on veut des activités et offrir à son enfant la meilleure enveloppe possible. »

Le conjoint de Nitsan cumule des centaines de jours de réserve par an. Interrogée sur la manière dont ils financent tout cela, sa réponse est douloureuse : « D’où ? C’est vraiment difficile pour nous. Mon salaire d’enseignante est très bas, et je réfléchis constamment à comment l’augmenter. Je suis déjà à temps plein, mais chaque année je prends encore des responsabilités. Coordinatrice ici, coordinatrice là, juste pour augmenter mes revenus. » À la question d’un troisième enfant, elle répond sans détour : « On n’a pas les moyens d’assumer un troisième enfant. Impossible. »

Entre 5 et 12 ans, les grosses dépenses concernent principalement le matériel scolaire, les colonies de vacances et l’habillement. Le budget s’élève à 4 860 shekels par mois, soit un total de 408 198 shekels sur ces années. Après 12 ans, les dépenses cumulées atteignent 834 729 shekels.

Le mythe brisé : plus d’un million de shekels par enfant

Vient ensuite l’adolescence, avec les mouvements de jeunesse, les leçons de conduite et l’ordinateur portable. Puis l’enfant termine le lycée, la fierté est immense, et déjà il s’engage dans l’armée. D’un côté, les dépenses d’éducation et d’activités diminuent ; de l’autre, il faut s’équiper pour le service militaire. « Ils s’engagent dans l’armée ou partent en pré-service, et les frais sont à la charge des parents », expliquent les experts. « Que ce soit la nourriture, les lessives, l’équipement à acheter, et le jeune qui rentre à la maison et a besoin d’une voiture et d’argent de poche. »

On peut désormais faire le total : la somme globale des dépenses pour élever un enfant en Israël en 2026 atteint en moyenne un chiffre qui frappe fort. Si l’on s’était habitué par le passé au mythe du million de shekels par enfant, la réalité économique de ces dernières années a depuis longtemps dépassé ce seuil. Ce qui relevait autrefois du fantasme est devenu la réalité qui étouffe la classe moyenne.

« Avant, la question était de savoir si on était prêts à avoir un enfant, parce qu’on disait que cela coûtait un million de shekels jusqu’à 18 ans », explique une spécialiste du secteur. « Aujourd’hui, la question est de savoir si je peux lui offrir le meilleur. Les gens que je rencontre, des centaines de parents par mois, oscillent entre le désir réel d’être parents et la question de savoir si c’est financièrement possible. » La conclusion est claire : sans l’aide de la génération des grands-parents, une grande partie des familles ne parvient tout simplement pas à garder la tête hors de l’eau.

« Je vis grâce à l’aide, surtout de ma mère », reconnaît Nitsan. « Sans elle, nous n’aurions pas pu offrir à nos enfants ce qu’ils ont aujourd’hui. Sans mes parents, je n’aurais pas pu offrir ce mode de vie à mes enfants. Je n’aurais jamais imaginé, avant d’avoir des enfants, que les dépenses seraient telles. »

Il faut souligner que ce calcul reste une moyenne et n’inclut ni les dépenses imprévues, ni les difficultés de santé, ni les événements exceptionnels. Et lorsque l’enfant atteint 21 ans et quitte l’armée, ne vous y trompez pas : l’histoire financière est loin d’être terminée. C’est justement là qu’il convient de commencer à penser aux études supérieures, à l’aide au logement — et peut-être même à commencer à épargner, dès maintenant, pour les petits-enfants.

Pour aller plus loin sur le coût de la vie en Israël :

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