La réalité complexe des combats dans la bande de Gaza n’a pas empêché les combattants du bataillon Shaked de trouver du temps pour un lien spirituel. Entre les missions opérationnelles, les préparatifs et les départs au combat, les soldats se retrouvaient pour étudier ensemble « Orot HaTechouva » (« Les Lumières du retour »), l’ouvrage du rav Kook.
Parmi ces combattants se distinguait le capitaine Daniel Mimoun Toaf, que Dieu venge son sang. Commandant adjoint de compagnie dans le bataillon, il est tombé au combat dans la bande de Gaza le 14 Eloul 5784, avec trois de ses soldats.
Un projet né sur le champ de bataille
Le souvenir de ces études partagées sur le champ de bataille est devenu la base d’un nouveau projet. Son objectif : diffuser ces enseignements à l’ensemble de la société israélienne.
Dans le cadre de cette initiative menée par l’association « Hitorerout », des vidéos de trois minutes sont diffusées. Chacune présente un passage du livre, accompagné d’une explication simple et liée à la vie quotidienne. Même ceux qui n’ont jamais été en contact avec cette pensée peuvent ainsi découvrir l’enseignement du rav Kook.
« Chaque chose dans la vie a ses obstacles »
Dans le quatrième épisode, le rav Yehouda Ben Hamou, directeur de Beit « Emouna » à la yeshiva Lev LaDaat de Sdérot, aborde la peur que suscite la démarche personnelle de techouva.
« Chaque chose dans la vie a ses obstacles et ses défis. Tu veux faire une licence ? Tu dois choisir un diplôme, tu dois trouver un financement. Tu veux construire une soucca ? Tu dois trouver des planches, vérifier qu’il n’y a pas de balcon fermé au-dessus de toi », commence le rav Ben Hamou.
Il souligne que « chaque mitsva dans la vie a aussi ses défis ».
L’image que l’on se fait du retour
Le rabbin explique ensuite l’enseignement du rav Kook. « Le rav Kook dit qu’il y a de nombreux obstacles à la techouva, mais qu’il y a un grand défi central. Le rav dit que l’obstacle principal, c’est « l’image de la techouva ». On se représente la techouva comme quelque chose qui va nous affaiblir, qui va mettre fin au plaisir de vivre. Tout ce dont nous parlons, nous l’imaginons d’une certaine façon. La techouva est perçue comme quelque chose, et c’est cela l’obstacle, le frein principal. »
Imaginer le bonheur d’après
Le rav Ben Hamou propose aussi une solution, tirée des paroles du rav Kook. « C’est pourquoi l’homme doit faire un travail sur son imagination. Toute personne qui veut faire techouva doit imaginer à quel point, après cela, elle sera plus joyeuse, plus heureuse grâce à son progrès et à sa croissance. »
Autrement dit, selon cet enseignement, le principal frein au retour n’est pas l’effort lui-même, mais l’image qu’on s’en fait. Il suffit de la remplacer par celle du bonheur qui attend au bout du chemin.
Le retour et la techouva sont au cœur de la période : relisez pourquoi on jeûne à Yom Kippour et pourquoi la prière ne suffit pas, ainsi que la réflexion sur l’après-Kippour. À découvrir aussi : ces photos rares de Souccot dans le ghetto de Lodz.
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