Il y a plus de 2 500 ans, selon le récit de la meguilah d’ Esther, nos ennemis tirèrent au sort la date à laquelle ils comptaient exterminer le peuple juif. L’anéantissement n’était pas une hypothèse à débattre. Il était acté. La seule question portait sur le calendrier.

Ce détail glaçant traverse les siècles : le débat stratégique ne concernait pas le « si », mais le « quand ».

Dans la Perse antique, Haman cherchait à planifier méthodiquement l’élimination d’un peuple entier. Aujourd’hui, l’histoire semble parfois résonner douloureusement avec l’actualité contemporaine.


Du tirage au sort antique à la planification moderne

Le 7 octobre 2023, le Hamas a déclenché l’attaque la plus meurtrière contre des civils israéliens depuis la création de l’État. Là encore, l’intention était explicite : tuer des Juifs. La question stratégique portait sur la coordination, la surprise et le moment choisi.

Du point de vue des stratèges iraniens — souvent considérés comme le centre idéologique de l’axe régional hostile à Israël — le problème n’était pas l’action en elle-même, mais le timing. Certaines analyses suggèrent que l’attaque a pris de court certains partenaires régionaux, révélant une absence de synchronisation complète au sein de cet « axe ».

L’histoire ne se répète pas mécaniquement, mais certaines dynamiques idéologiques persistent : la haine ne change pas de nature, elle change d’époque et de méthode.


2 500 ans de continuité historique

Ce qui distingue profondément l’histoire juive, c’est la permanence.

Des empires ont disparu :

  • L’Empire perse antique
  • L’Empire romain
  • Les régimes totalitaires du XXe siècle

Mais le peuple juif demeure.

Les fêtes comme Pourim ne sont pas de simples commémorations folkloriques. Elles rappellent qu’à travers les générations, les tentatives d’extermination ont échoué.

Aujourd’hui, l’État d’Israël n’est plus une communauté sans défense dispersée dans l’exil. Il dispose d’institutions, d’une armée, d’une économie technologique avancée et d’alliances stratégiques.


Le renversement stratégique

Dans le récit biblique, le décret d’extermination fut finalement annulé et ses instigateurs subirent le sort qu’ils avaient préparé pour autrui.

Dans la réalité contemporaine, le renversement ne relève pas du miracle mais de la capacité stratégique, militaire et diplomatique.

Les organisations qui ont ouvertement proclamé leur volonté de détruire Israël se retrouvent aujourd’hui confrontées à des pressions militaires et politiques croissantes. Les débats sur les réseaux sociaux ne portent plus sur l’existence d’Israël, mais sur la date d’une éventuelle confrontation régionale.

Cette inversion de perspective est historique.


Une résilience identitaire

Au-delà des considérations militaires, il y a une dimension morale et identitaire. L’expression « Am Israël Haï » — עם ישראל חי — ne se résume pas à un slogan. Elle incarne une réalité démographique, culturelle et spirituelle.

Après Babylone.
Après Rome.
Après l’Inquisition.
Après la Shoah.
Après le terrorisme contemporain.

Le peuple juif continue d’exister, de créer, d’innover et de défendre son droit à la vie.


Entre mémoire et vigilance

L’histoire juive n’enseigne pas la naïveté. Elle enseigne la vigilance. La lecture du Livre d’Esther rappelle que l’hostilité peut se structurer politiquement, légalement et stratégiquement.

Mais elle rappelle aussi que les calculs des ennemis ne sont pas infaillibles.

Deux millénaires et demi après que le sort fut jeté contre les Juifs, l’existence d’un État souverain change radicalement l’équation.

Les menaces existent. Les défis sont réels. Les tensions régionales sont palpables.

Mais l’histoire longue montre une constante : ceux qui ont bâti leur projet sur la destruction des Juifs ont disparu. Le peuple juif, lui, demeure.

Am Israël Haï.