La lutte contre le cash franchit un nouveau cap en Israël. Dans le cadre des discussions autour de la loi de finances, la commission de la Constitution examine un amendement limitant l’échange d’effets (chèques, billets) en espèces à 6 000 shekels maximum. Au-delà, le paiement en liquide serait interdit, sauf pour 10 % du montant. Cette réforme, destinée à combattre l’économie souterraine et le blanchiment, pourrait frapper de plein fouet les guemachim, piliers du financement communautaire dans le secteur orthodoxe.
Ce que prévoit la réforme
Selon le document préparatoire présenté à la commission parlementaire, les nouvelles règles incluraient :
- Plafond de 6 000 ₪ pour l’échange d’un chèque contre du cash
- Interdiction de paiement en liquide au-delà de ce seuil
- Possibilité limitée à 10 % en espèces sur le montant total
- Suppression de l’exemption dont bénéficiaient les organismes financiers régulés
L’objectif officiel : réduire les risques d’évasion fiscale et de blanchiment d’argent liés à la pratique du « discounting » (négociation de chèques contre espèces).
Les guemachim en première ligne
Les guemachim – fonds communautaires accordant des prêts sans intérêt – fonctionnent souvent selon le modèle « chèque contre cash ». Ce système permet de répondre rapidement à des urgences financières.
Avec la réforme :
- Les prêts adossés à des chèques seraient soumis aux mêmes restrictions
- Les montants supérieurs à 6 000 ₪ deviendraient pratiquement impossibles en liquide
- Les marges d’action des structures communautaires seraient réduites
Pour de nombreuses familles, ces fonds représentent un filet de sécurité essentiel.
Un débat sur l’efficacité réelle
Le document juridique accompagnant la proposition soulève lui-même une interrogation : la loi anti-cash a-t-elle réellement réduit l’économie noire ?
Certaines incohérences sont pointées :
- Une entreprise pourrait recevoir un prêt en liquide d’un organisme régulé
- Mais ne pourrait pas escompter un chèque dans les mêmes conditions
Ce manque de cohérence pourrait fragiliser l’application du dispositif.
Impact économique plus large
Au-delà du secteur religieux, la mesure pourrait toucher :
- PME dépendantes de flux rapides de trésorerie
- Acteurs du crédit alternatif
- Commerce informel
Les partisans de la réforme soulignent qu’elle renforcera la transparence fiscale.
Les opposants redoutent un étranglement de certaines activités légales.
Analyse : sécurité financière ou rigidité excessive ?
Le gouvernement cherche à moderniser la traçabilité des flux financiers et à lutter contre le blanchiment.
Mais l’équilibre est délicat :
- Réduire l’économie souterraine
- Préserver l’accès au crédit
- Maintenir la cohésion sociale
Un durcissement trop abrupt pourrait déplacer les pratiques vers des circuits encore moins contrôlables.
FAQ
Pourquoi plafonner à 6 000 ₪ ?
Pour limiter les transactions en espèces susceptibles de favoriser l’évasion fiscale.
Les guemachim seront-ils interdits ?
Non, mais leurs opérations en cash au-delà du plafond seraient fortement limitées.
Les organismes financiers régulés sont-ils concernés ?
Oui, l’amendement supprimerait leur exemption actuelle.
La loi anti-cash a-t-elle été efficace jusqu’ici ?
Des doutes subsistent quant à son impact réel sur l’économie noire.






