Une cérémonie de brit mila particulièrement émouvante s’est tenue récemment dans le centre d’Israël, marquant un tournant décisif dans la vie d’une jeune mère juive et de son nourrisson. L’événement, organisé avec l’accompagnement de l’organisation Yad Laachim, a symbolisé pour la mère la fin d’un long parcours de souffrance et le retour assumé à son identité juive.

La cérémonie s’est déroulée dans l’une des grandes yeshivot de la région, en présence des étudiants de l’établissement, qui ont tenu à honorer l’événement. Le bébé, né d’une relation avec un homme non-juif dont la mère s’est séparée avant la naissance, a été introduit dans l’alliance d’Abraham lors d’un rituel entièrement conforme à la tradition juive.

La mère, désignée sous le prénom d’emprunt Roni afin de préserver son anonymat, a connu une enfance marquée par une grande instabilité. Très jeune, elle quitte le foyer familial et, à l’âge de 17 ans, épouse un homme musulman. Cette relation se transforme rapidement en un cycle de violences graves, de contrôle et de peur permanente, jusqu’à une séparation difficile qui a nécessité un accompagnement étroit de Yad Laachim.

Après avoir réussi à rompre avec ce milieu violent, Roni traverse une période de profonde errance personnelle et identitaire. C’est au cours de cette phase qu’elle entame une relation de courte durée avec un autre homme non-juif, relation durant laquelle elle tombe enceinte. Dès l’annonce de la grossesse, elle met fin à ce lien et reprend contact avec l’organisation qui l’avait déjà soutenue par le passé.

Malgré les conversions successives et les bouleversements qu’elle a traversés, Roni confie avoir toujours conservé un attachement intérieur à ses racines juives. Durant son accompagnement, elle exprime même ses doutes spirituels les plus profonds, demandant notamment si son passé religieux l’empêchait encore de réciter des psaumes. La réponse qu’elle reçoit d’une rabbanite l’a profondément marquée : les portes de la prière restent toujours ouvertes.

La brit mila de son fils a ainsi représenté, selon ses propres mots, le choix d’une « voie droite » et d’un nouveau départ. Les membres de Yad Laachim, qui continuent de l’accompagner dans son processus de reconstruction, étaient présents tout au long de la cérémonie afin de lui offrir un cadre sécurisant et solidaire.

Le rabbin Shmuel Lifshitz, l’un des dirigeants de l’organisation, a été honoré du rôle de sandak. Pour de nombreux participants, l’événement a dépassé le cadre d’une simple célébration familiale : il a été perçu comme une victoire morale et spirituelle, illustrant la capacité de résilience d’une femme ayant traversé des années de souffrance, de domination et de perte de repères.