Une vague préoccupante d’intoxications alimentaires frappe Israël depuis le début de l’hiver. Selon les données recueillies par le Centre national d’information sur les intoxications de l’hôpital Centre médical Rambam, près de vingt personnes ont été admises dans différents hôpitaux du pays depuis le début du mois de décembre après avoir consommé des champignons sauvages. Parmi elles, onze ont nécessité une hospitalisation, dont deux dans un état jugé grave, avec des atteintes sévères aux fonctions vitales.
Ce phénomène, qui se répète chaque année avec l’arrivée des pluies, connaît cette saison une intensité particulière. Les spécialistes expliquent que les conditions météorologiques hivernales favorisent la prolifération des champignons dans les zones naturelles, attirant des cueilleurs non avertis qui confondent espèces comestibles et champignons hautement toxiques. Or, cette confusion peut avoir des conséquences dramatiques.
La docteure Yael Lurie, directrice du Centre national d’information sur les intoxications à Rambam, décrit plusieurs cas récents particulièrement alarmants. Dans l’un d’eux, un groupe de travailleurs étrangers a préparé un repas à base de champignons cueillis dans la nature. Peu de temps après, ils ont été pris de vomissements et de diarrhées violentes, provoquant une déshydratation sévère et nécessitant une prise en charge médicale urgente. Dans un autre cas, une famille entière a consommé une espèce extrêmement toxique, entraînant des lésions au niveau des reins et du foie. Bien que la quantité ingérée ait été limitée, les effets ont été suffisamment graves pour mettre leur pronostic vital en danger.
Actuellement, un couple reste hospitalisé dans un état critique après une intoxication sévère liée à un champignon sauvage. Les médecins font état d’une insuffisance rénale aiguë, nécessitant une surveillance étroite et des traitements lourds. Ces situations rappellent que les toxines présentes dans certaines espèces de champignons peuvent provoquer des atteintes irréversibles à plusieurs organes, notamment le foie, les reins, le cœur ou encore le système nerveux.
Chaque année, les services d’urgence constatent une hausse significative des intoxications à cette période. Le danger réside dans le fait que, pour un œil non entraîné, certaines espèces mortelles ressemblent fortement à des champignons parfaitement comestibles. Contrairement à une idée reçue, la cuisson ne neutralise pas les toxines : même bien cuits, ces champignons restent dangereux. Les équipes médicales soulignent que plusieurs patients ont dû être admis en soins intensifs, certains ayant nécessité des traitements complexes tels que la dialyse, voire l’assistance par ECMO dans les cas les plus graves.
L’identification rapide du champignon consommé est un enjeu médical majeur. Elle permet d’orienter le traitement et d’anticiper les complications potentielles. Pour cela, le Centre antipoison de Rambam collabore avec des mycologues bénévoles, spécialistes de l’identification des champignons, qui aident les médecins à déterminer l’espèce responsable de l’intoxication. Malgré ces expertises, la prévention reste l’arme la plus efficace.
Les autorités sanitaires insistent sur des règles de comportement claires et non négociables. Lors des sorties dans la nature, il est recommandé d’admirer et de photographier les champignons, mais surtout de ne pas les cueillir. Une grande partie des intoxications survient après des repas « faits maison » à base de champignons sauvages, souvent préparés avec de bonnes intentions mais sans connaissances suffisantes.
Les enfants représentent également une population à risque. En bas âge, ils ont tendance à porter à la bouche tout ce qu’ils trouvent. Les spécialistes appellent donc les parents à redoubler de vigilance lors des promenades dans les jardins, les parcs ou les zones boisées, et à expliquer clairement aux enfants qu’aucune plante ou champignon ne doit être touché ou goûté.
Au-delà du risque sanitaire, les experts rappellent aussi l’enjeu environnemental. Les champignons jouent un rôle essentiel dans l’équilibre écologique, notamment dans la décomposition de la matière organique et la fertilité des sols. Un ramassage non contrôlé nuit à la biodiversité et perturbe les écosystèmes locaux.
Pour les amateurs de cuisine, le message des professionnels est sans ambiguïté : si l’envie de préparer une soupe ou un plat à base de champignons se fait sentir, il convient de se limiter strictement aux produits contrôlés et vendus dans les supermarchés. Ces champignons sont soumis à des normes sanitaires strictes et ne présentent pas les dangers potentiellement mortels des espèces sauvages.
Alors que l’hiver se poursuit, les autorités médicales appellent à la prudence maximale. Derrière l’apparente innocuité d’un champignon cueilli après la pluie peut se cacher un poison redoutable. En matière de champignons sauvages, l’erreur ne pardonne pas.







