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Il y a des hommes dont le courage ne s’arrête pas à la fin du service. Yossef Albaz est pompier et chef d’équipe à la caserne d’Arad. Ce jour-là, il n’était pas en service. Il a entendu l’impact. Et il a couru.

Il a grimpé jusqu’au dernier étage de l’immeuble touché. Puis, appartement par appartement, il a extrait des blessés à mains nues. Des dizaines de personnes. Principalement des enfants.

Il travaillait vite, méthodiquement, dans un bâtiment endommagé dont personne ne pouvait garantir la stabilité. Il entrait dans une pièce, prenait un enfant, le transmettait à des civils qui attendaient dans le couloir — et repartait vers la pièce suivante.

« Je n’étais pas seul »

Ce qui ressort de son témoignage, c’est qu’il ne s’est pas retrouvé seul très longtemps. Des habitants du quartier l’ont rejoint spontanément dans les couloirs de l’immeuble sinistré. Des ultraorthodoxes, des laïcs, des inconnus les uns aux autres — tous en train de passer des enfants de bras en bras pour les mettre en sécurité.

« Tout le monde a donné la main. Des ultraorthodoxes, des laïcs, tous ceux qui étaient là. »

Une chaîne humaine improvisée, dans un immeuble à moitié éventré, sous le choc de l’impact.

Trois semaines que ça dure

Depuis trois semaines maintenant, les pompiers israéliens courent dans la direction opposée à tout le monde. Quand les civils fuient la zone touchée, eux entrent. Quand les immeubles tremblent encore, eux montent les escaliers. Sans caméras, sans discours, sans attendre que la situation soit sécurisée.

Yossef Albaz incarne ce que cette guerre a révélé de plus profond dans la société israélienne : des gens ordinaires, hors service, qui ne savent pas faire autrement que de se précipiter vers ceux qui ont besoin d’eux.

Les enfants qu’il a sortis de cet immeuble ce jour-là ne sauront peut-être jamais son nom. Mais ils sont en vie.