Elle aurait pu parler de l’Eurovision, de sa carrière, de son prochain album. Neta Barzilai a choisi de s’asseoir face aux caméras de la Chaîne 12 avec son ex-compagnon, Guy Rafael — réserviste revenu de la guerre au Liban et au nord — pour parler de quelque chose que la plupart des gens taisent : le syndrome de stress post-traumatique, sa réalité quotidienne, et ce qu’il fait aux couples et aux familles qui l’entourent.
Gai est l’un des 20 000 Israéliens qui ont rejoint la liste de ceux confrontés au SSPT depuis le 7 octobre.
Des nuits sans sommeil et un homme qu’elle ne reconnaissait plus
Avec le retour de Guy du service de réserve au Liban, la réalité du foyer a basculé d’un extrême à l’autre. Neta décrit la rencontre avec un homme qu’elle ne reconnaissait plus : « C’était très effrayant. Soudain, c’était un inconnu. »
Guy se réveillait presque chaque nuit à trois heures du matin, en état d’alerte, sans pouvoir se rendormir. Dans son journal intime, qu’il a accepté de partager, il écrivait : « Je suis revenu me réveiller à trois heures et pleurer dans mon oreiller. Je suis revenu ici vers vous et au final j’ai l’impression de ne pas être vraiment revenu. »
Neta a tout tenté. Dès les premiers signes, elle a appelé des connaissances qui lui ont conseillé un psychiatre en urgence. Ils s’y sont rendus en pleine nuit, entre deux concerts. Elle a organisé un retraite à 20 000 shekels la semaine, avec de la nourriture végane et des bains de soleil — croyant que tout cela pourrait résoudre ce qui ne se résout pas avec des stages de bien-être.
Elle résumera plus tard cette période dans un single dédié au sujet : « J’ai cru que je pouvais le sauver et j’ai failli me noyer. »
La décision la plus douloureuse
Guy a alors pris une décision que Neta n’avait pas demandée : mettre fin à leur relation. Non par absence de sentiment, mais pour ne pas l’entraîner dans son abîme. « Je l’ai larguée, pas parce que ce n’était pas bien — je l’ai larguée parce que je n’étais plus là pour moi. »
Derrière cette décision se trouve aussi une amitié déchirée par la guerre. Guy avait perdu Gilad Molkho z »l, son ami proche, tué dans une accroche avec des terroristes qui avaient franchi la frontière nord, à l’âge de 33 ans. Dans son journal, il écrivait à son sujet : « Je n’ai jamais admiré les gens, seulement lui. »
20 000 invisibles
Ce que Neta a choisi de mettre en mots va bien au-delà de leur histoire personnelle. Elle l’écrit elle-même : « Si un mot est utilisé trop facilement ces trois dernières années, c’est bien ‘post-traumatisme’. ‘La société est en post-traumatisme’, ‘le pays est en post-traumatisme’. Non — avant tout, ce sont des personnes. Pour eux aussi, ce mot n’est qu’un autocollant ou un titre, pas quelque chose qui gratte la complexité et la lutte, ou la dépression et la crise psychologique qui en font partie intégrante. Nous vivons dans un monde visuel, superficiel. Ce qu’on ne voit pas n’existe souvent pas — et cette blessure est invisible. »
Derrière chaque soldat qui rentre, il y a une famille qui essaie de comprendre ce qu’elle ne peut pas toujours nommer. Si le témoignage de Neta et Guy a mis en lumière quelque chose, c’est que les 20 000 blessés psychologiques ne sont pas seuls — autour d’eux, des dizaines de milliers de partenaires, parents, enfants et amis « attrapent » la blessure malgré eux, sans mots pour la décrire.
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