Jerry Seinfeld n’a jamais été un militant. Pendant trente ans, il a fait rire le monde entier avec ses observations sur la vie quotidienne — les parkings, les petits déjeuners, les relations humaines — sans jamais se mêler de politique. C’était son identité : une comédie de l’absurde, déconnectée des grands débats idéologiques. Puis le 7 octobre 2023 est arrivé. Et quelque chose a changé.
Deux jours après l’attaque du Hamas, Seinfeld publiait sur Instagram un message sans ambiguïté : « J’ai vécu et travaillé dans un kibboutz en Israël à l’âge de 16 ans et j’ai aimé notre patrie juive depuis lors. Mon cœur se brise à cause de ces attaques et atrocités. Mais nous sommes aussi un peuple très fort dans nos cœurs et nos esprits. Nous croyons en la justice, la liberté et l’égalité. Nous survivons et prospérons quoi qu’il arrive. Je serai toujours aux côtés d’Israël et du peuple juif. »
Ce n’était pas qu’un message sur les réseaux sociaux.
Un voyage en Israël qui l’a transformé
En décembre 2023, Seinfeld se rend en Israël avec sa femme. Il visite les communautés du sud du pays, notamment le kibboutz Be’eri et le site de la fête de la Nova, tous deux ravagés lors de l’attaque du Hamas. Il rencontre des familles d’otages. Il appellera plus tard cette rencontre « un moment déchirant ».
L’expérience le marque au fer rouge. Interrogé par GQ sur les raisons de ce voyage, il répond simplement : « Eh bien, je suis juif. » Sur le podcast de Bari Weiss, il ira plus loin : « C’est l’expérience la plus puissante de toute ma vie. » Au moment de prononcer ces mots, il perdra temporairement sa contenance — un silence rare chez un homme dont toute la carrière repose sur le contrôle du timing comique.
Les campus, les hués et la persévérance
En mai 2024, Seinfeld est invité à prononcer le discours de remise des diplômes à l’Université Duke. Alors qu’il s’avance sur scène, une centaine d’étudiants se lèvent et quittent la cérémonie en brandissant des drapeaux palestiniens et en scandant « Free Palestine ». Seinfeld continue son discours. Il ne mentionne pas Israël. Il termine sous une ovation debout de milliers d’autres diplômés.
Plus récemment, il est réapparu à Duke — de façon impromptue et non annoncée — pour introduire Omer Shem Tov, un ancien otage israélien libéré après 505 jours de captivité à Gaza. Cette fois, il a choisi la franchise totale : comparant le mouvement « Free Palestine » au Ku Klux Klan, affirmant que les deux utilisent des slogans pour masquer une haine des Juifs.
Le propos est radical. Il l’assume.
Le prix de la parole
Seinfeld a été hué lors de représentations, traité de « soutien du génocide », interrompu en plein spectacle à Sydney par un manifestant. Ses spectacles ont fait l’objet de campagnes de boycott dans plusieurs villes américaines. Il a continué à tourner. Il a continué à parler.
Ce qui distingue Seinfeld du bruit ambiant, c’est précisément qu’il n’était pas prédestiné à ce rôle. Il n’est pas un lobbyiste, pas un politicien, pas un activiste de carrière. Il l’a dit lui-même à GQ : « Je ne prêche pas là-dessus. J’ai mes sentiments personnels que je discute en privé. Ce n’est pas quelque chose que je peux faire de façon comique, mais mes sentiments sont très forts. »
Un homme ordinaire face à une situation extraordinaire — qui a choisi de ne pas regarder ailleurs.
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