L’Islande règne. Comme chaque année depuis dix-neuf ans, la petite nation nordique sans armée permanente trône en tête du classement mondial de la paix — le Global Peace Index (GPI) —, publié ce mercredi par l’Institut pour l’économie et la paix. C’est une constance qui tient presque du miracle dans un monde qui, lui, ne va clairement pas dans le même sens. Car l’édition 2026 de ce baromètre annuel, qui passe au crible 163 pays et territoires représentant 99,7 % de la population mondiale, n’apporte guère de bonnes nouvelles : la paix mondiale continue de s’éroder.
Le rapport souligne que le niveau de conflictualité international n’a jamais été aussi élevé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le nombre de pays impliqués dans des affrontements extérieurs a quasiment doublé depuis 2008. Sur les 163 États examinés, 99 ont vu leur score de paix se dégrader par rapport à l’année précédente, contre seulement 62 ayant progressé. En cumulé, 119 États sont aujourd’hui moins en paix qu’il y a dix-huit ans. Les trois conflits cités comme vecteurs centraux de cette dégradation globale sont la guerre en Ukraine, la guerre civile au Soudan et la guerre de douze jours entre Israël, les États-Unis et l’Iran au printemps 2026. Le rapport précise néanmoins que l’impact de ce dernier conflit n’est que partiellement reflété dans les données, une partie des indicateurs ayant été collectée avant fin 2025.
Le GPI repose sur 23 indicateurs qualitatifs et quantitatifs répartis en trois grands axes : le niveau de sécurité et de sûreté au sein des sociétés, l’ampleur des conflits internes et internationaux, et le degré de militarisation des États. Cette année, la moyenne mondiale a reculé de 0,7 % — une baisse en apparence modeste, mais qui s’inscrit dans une tendance lourde et continue.
Le podium des nations sereines
L’Islande conserve donc la première place, une régularité qui tient à ses caractéristiques structurelles : absence d’armée permanente, taux de criminalité parmi les plus bas du monde, et un tissu social fondé sur la confiance. La Nouvelle-Zélande grimpe d’un rang pour se hisser à la deuxième position, affichant le score de conflictualité le plus faible de la région Asie-Pacifique. La Suisse complète le podium. La Slovénie, en progression de deux places, s’impose comme l’une des destinations les plus sûres d’Europe. L’Irlande, l’Autriche, Singapour, le Danemark, le Portugal et la Finlande complètent le top 10.
Sur le continent européen, la Pologne enregistre la progression individuelle la plus spectaculaire : son score global a bondi de 9,1 %, propulsant le pays de 23 rangs pour atteindre la 22e position mondiale. Les États-Unis, à l’inverse, ont reculé de 4 % en raison d’une instabilité politique accrue et d’une hausse des violences lors de manifestations. Washington se retrouve désormais au 134e rang.
Israël dans les profondeurs du classement
Pour Israël, les chiffres sont sans appel. L’État hébreu figure cette année parmi les cinq pays les moins en paix au monde. Seules la Russie, le Soudan, la République démocratique du Congo et l’Ukraine sont classés plus bas. Un positionnement qui reflète la réalité d’une année marquée par la guerre avec l’Iran, les opérations militaires sur plusieurs fronts et une instabilité sécuritaire persistante.
Le rapport replace cette réalité dans son contexte régional : le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord demeurent les zones les moins pacifiées du globe, tandis que l’Europe occidentale et centrale conservent leur statut de région la plus stable. Une fracture géographique qui ne se comble pas — bien au contraire.
Pour ceux qui planifient un voyage en gardant la sécurité comme critère premier, le message du GPI 2026 est limpide : cap au nord de l’Europe, ou vers la Nouvelle-Zélande. Israël, pour sa part, est invité à ne pas consulter son propre classement.
Pour approfondir :
- Israël dans le top 10 des pays les plus heureux
- Classement des armées les plus puissantes au Moyen-Orient : les forces de défense israéliennes en tête
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