Le ministère de la Santé a mis en garde aujourd’hui (mardi) contre une hausse forte et préoccupante du nombre de cas de rage diagnostiqués chez des animaux en Israël. Selon les données du ministère, la maladie s’est propagée du nord du pays vers la région du Sharon et le centre, tandis que le nombre de personnes exposées au virus et ayant eu besoin d’un traitement préventif a lui aussi fortement augmenté.
Entre 2022 et 2025, une hausse de 225 % des cas de rage chez les animaux a été enregistrée. Rien qu’en 2025, 102 cas ont été diagnostiqués, contre seulement 29 cas en 2022. Depuis le début de l’année 2026 et jusqu’au mois de mai, 63 cas de rage chez des animaux ont déjà été recensés, avec, dans 52 % des cas, une exposition humaine ayant nécessité une prise en charge médicale urgente.
La responsable de la division de santé publique du ministère de la Santé, la professeure Sigal Sadetzki, a exprimé une inquiétude profonde face à la situation. Elle a expliqué qu’un passage de la maladie des chacals vers les animaux domestiques était en train de se produire, avec des animaux sauvages qui envahissent désormais les villes, à l’image des chacals observés à Tel-Aviv ou des sangliers à Haïfa.
Selon elle, ce changement de comportement des animaux sauvages s’explique notamment par le nourrissage volontaire et par les déchets jetés dans les rues. Les animaux se rendent dans les cours et dans les rues pour se nourrir, ce qui les amène directement au contact des humains et peut favoriser la transmission de maladies, dont la rage.
Alors que la maladie se concentrait auparavant surtout dans le nord et la vallée du Jourdain, sa propagation touche aujourd’hui des zones bien plus larges, incluant le Gilboa, le Sharon, la vallée de Hefer et la vallée de Beit Shéan. Parallèlement, le nombre de demandes adressées aux bureaux de santé à la suite d’une suspicion d’exposition à la rage a presque doublé, passant de 12 343 demandes en 2010 à 24 219 en 2025.
La professeure Sadetzki a précisé que l’on s’attendait à atteindre 150 cas de chiens diagnostiqués d’ici la fin de l’année. Elle a ajouté que la proportion de personnes mordues ayant eu besoin d’un traitement par injections était passée de 32 % à 43 %, principalement dans les cas où le chien mordeur s’est révélé non vacciné.
Le ministère de la Santé pointe également un phénomène dangereux de déplacement d’animaux contaminés par des particuliers. Trois cas ont été documentés cette année : un réserviste ayant transféré un chien du nord vers Ra’anana, un cas de transfert d’un chien de Ramallah vers Holon au mois de mai dernier, et un chien arrivé en train jusqu’à Tel-Aviv et ayant fréquenté la plage des chiens de la ville, ce dernier cas s’étant soldé par l’exposition de 52 personnes ayant eu besoin d’un traitement. La professeure Sadetzki a souligné qu’à la suite de la guerre, l’interdiction de faire venir des chiens du nord et du sud du pays est absolue, insistant sur la nécessité d’empêcher ce type de cas, la rage étant une maladie terrible qui se termine par la mort. Le ministère recommande à toute personne adoptant un chien de s’assurer que ses origines sont connues et de le faire examiner immédiatement par un vétérinaire.
Yaël Arkin, directrice générale de l’association « Laissez vivre les animaux », a estimé que le débat se concentrait une fois de plus sur le symptôme plutôt que sur la racine du problème. Selon elle, la rage est une maladie mortelle mais évitable grâce à une politique organisée : application de la vaccination et de l’enregistrement des chiens domestiques, prévention de l’errance, distribution d’appâts vaccinaux pour les animaux sauvages, surveillance des foyers à risque, coopération régionale et sensibilisation du public. Elle a insisté sur le fait qu’il ne suffisait pas de se limiter à des réponses d’urgence, et qu’un programme national permanent, budgété et continu, était nécessaire pour la gestion des populations de chiens et de chats.
En cas de morsure ou d’exposition, le ministère de la Santé recommande de laver soigneusement la zone à l’eau et au savon pendant 15 minutes, de désinfecter avec de l’alcool à 70 % ou une solution iodée, de contacter en urgence le bureau de santé local pour évaluer le besoin de vaccination, et, en soirée ou la nuit, de se rendre dans un centre de médecine d’urgence.
Sur ce sujet, on pourra également consulter nos articles sur l’attaque d’un chacal ayant tenté d’emporter un bébé dans le parc Hayarkon à Tel-Aviv, ainsi que sur la prolifération des chacals observée au cœur de Tel-Aviv.
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