
La startup médicale MeMed vient de valider cliniquement aux États-Unis son test capable de distinguer en quelques minutes une infection bactérienne d’une infection virale. Une avancée qui pourrait transformer la prescription médicale et freiner l’une des crises sanitaires les plus silencieuses de notre époque.
Chaque jour, dans des millions de cabinets médicaux et de services d’urgence à travers le monde, des médecins font face à la même question sans réponse simple : ce patient a-t-il une infection bactérienne qui nécessite des antibiotiques, ou une infection virale sur laquelle ces médicaments n’auront aucun effet ? Faute d’outil diagnostique rapide et fiable, l’option de précaution l’emporte souvent : les antibiotiques sont prescrits. Et c’est précisément ce réflexe, multiplié des millions de fois, qui nourrit l’une des crises sanitaires mondiales les plus préoccupantes : la résistance aux antibiotiques.
La startup médicale israélienne MeMed vient de franchir une étape décisive dans la réponse à ce problème, en annonçant la conclusion réussie du premier essai contrôlé randomisé aux États-Unis de son test MeMed BV, conçu pour différencier les infections bactériennes des infections virales.
Un essai mené dans 11 centres aux États-Unis et en Israël
L’essai contrôlé randomisé a été conduit dans 11 services d’urgence et centres de soins urgents aux États-Unis et en Israël, et a inclus 260 patients adultes présentant une suspicion clinique d’infection des voies respiratoires inférieures. La première analyse à petite échelle des données de l’essai a montré une réduction relative de 62% des taux de prescription inutile d’antibiotiques — un résultat qui dépasse les attentes initiales. Les données de suivi n’ont par ailleurs indiqué aucune augmentation significative du taux de retour aux urgences dans les 7 jours, ce qui confirme que réduire les prescriptions d’antibiotiques n’entraîne pas de dégradation de la prise en charge des patients.
Selon le Dr Eran Eden, co-fondateur et PDG de MeMed, ces résultats s’appuient sur une décennie d’études impliquant des milliers de patients, qui ont démontré les hautes performances de la technologie MeMed BV. L’essai marque selon lui « une étape significative en générant des données interventionnelles et en montrant l’impact réel du test sur les patients. »
Une réponse concrète à la résistance aux antibiotiques
L’enjeu dépasse largement le confort diagnostique des médecins. La résistance aux antibiotiques est considérée par l’Organisation mondiale de la santé comme l’une des dix menaces les plus graves pour la santé mondiale. Elle résulte en grande partie de la surutilisation et de la mauvaise utilisation des antibiotiques — prescrits pour des infections virales sur lesquelles ils sont totalement inefficaces, mais qui contribuent néanmoins à sélectionner des bactéries résistantes dans l’organisme et dans l’environnement.
En permettant aux cliniciens de savoir rapidement et avec fiabilité si l’infection d’un patient est d’origine bactérienne ou virale, le test MeMed BV offre une base objective pour la décision de prescrire ou non des antibiotiques. L’entreprise positionne cette avancée comme une étape critique vers l’adoption du test comme standard de référence pour distinguer infections bactériennes et virales dans les contextes d’urgence et de soins aigus — tant aux États-Unis qu’à l’international.





