Il est allé là-bas ce matin, sans savoir exactement ce qu’il y trouverait. Quatre heures sur le site de la chute du missile à Arad. Et la sensation la plus forte qu’il a ramenée de là, celle qui l’a accompagné sur le chemin du retour — c’est quelque chose qui ressemble à de l’espoir.
Ce n’est pas naïf. Ce n’est pas de la déni. C’est ce qu’il a vu de ses propres yeux.
Des centaines de bénévoles venus de tout le pays. Petits et grands, religieux et laïques, juifs et Bédouins, arrivés hier et aujourd’hui à Arad pour une seule raison : aider les habitants à ramasser les morceaux — au sens littéral du terme. Des mains qui déblaient, des bras qui portent, des inconnus qui travaillent côte à côte sans se poser de questions sur les origines de l’autre.
C’est ça, l’endroit où tombe le missile.
Il y a la destruction, oui. Mais il y a aussi ça : une mobilisation humaine spontanée qui surgit exactement là où on attendrait le découragement. Ceux qui cherchent à puiser un peu de force en ce moment la trouveront à Arad, sur ce site qui ressemble à une blessure ouverte — et qui ressemble aussi, en même temps, à quelque chose qui se relève.
Un verset du livre de Michée dit tout : « Ne te réjouis pas de ma chute, mon ennemie — car je suis tombé, mais je me suis relevé. »
(Photos : Maya Mashal)








