Dubaï, longue destination de rêve pour les Israéliens en quête de luxe sans visa, traverse en ce moment une période inédite. Les tensions sécuritaires persistantes liées à la guerre régionale ont provoqué une chute brutale des réservations israéliennes vers les Émirats arabes unis — et cette désaffection se traduit par des prix en chute libre dans les hôtels cinq étoiles et sur les vols directs, à des niveaux jamais vus depuis l’ouverture de la destination aux Israéliens.

Les chiffres sont éloquents. Une vérification des tarifs dans plusieurs hôtels de luxe du Golfe révèle des baisses comprises entre 30 et 40% par rapport à la même période l’an dernier. Dans certains établissements, les réductions atteignent jusqu’à 70%. L’hôtel Atlantis The Royal — l’une des adresses les plus prisées de Dubaï — propose ainsi un séjour familial de quatre nuits en semaine pour le mois prochain à environ 9 300 shekels, soit une baisse de près de 200% par rapport aux prix affichés l’an passé. Les vols directs ont eux aussi subi l’effet combiné de la baisse de demande et du renforcement du shekel face au dollar : les billets sont désormais moins chers de plusieurs centaines de shekels en comparaison annuelle.

Le dilemme sécuritaire

Si les chiffres donnent le vertige, ils n’effacent pas l’hésitation d’une partie des voyageurs israéliens. La question qui revient systématiquement : est-il raisonnable de se rendre dans un pays du Golfe dans ce contexte géopolitique ? Les tensions entre l’Iran et les Émirats arabes unis — qui ont reçu des tirs de missiles et de drones iraniens depuis le déclenchement des frappes — ont rendu le territoire émirati moins perçu comme un havre de paix qu’il ne l’était encore il y a quelques mois.

Le dilemme est concret chez les familles qui avaient planifié un voyage. « Nous avons décidé de simplement changer de destination — pour voyager, mais pas là-bas », a confié une voyageuse dans un entretien à la chaîne Kan 11. Ce choix n’est pas isolé. Des opérateurs de voyages rapportent des annulations et des redirections vers d’autres destinations jugées plus sûres, même si certains clients maintiennent leurs réservations, estimant que la sécurité sur place reste assurée.

Dubaï se retrouve ainsi dans une position paradoxale : jamais aussi abordable, jamais aussi incertaine aux yeux de sa clientèle israélienne la plus fidèle. Pour les voyageurs qui choisissent tout de même de s’y rendre, l’opportunité financière est réelle — et les hôtels de luxe dont les prix étaient jusqu’ici réservés à une clientèle aisée deviennent soudainement accessibles à un bien plus grand nombre.


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