Lavinia et Michele Osborn sont jumelles. Elles ont grandi dans le même ventre. Elles sont nées à quelques minutes d’intervalle. Pendant 45 ans, elles ont partagé une enfance difficile, des maisons d’accueil, les services sociaux, et la certitude l’une de l’autre comme seul point d’ancrage stable. Puis, il y a quatre ans, Lavinia a ouvert un mail — le résultat d’un test ADN — et tout a basculé. Les deux femmes, aujourd’hui âgées de 49 ans, n’ont pas le même père. Elles sont ce que la biologie appelle des « superfétation » ou plus précisément des jumelles hétéropaternelles.

Comment cela est-il biologiquement possible ?

Le phénomène est d’une improbabilité vertigineuse. Il exige que plusieurs conditions rares se cumulent. Il faut d’abord qu’une femme produise deux ovules distincts capables d’être fécondés au cours du même cycle — ce qui en soi n’est pas la norme. Ces deux ovules doivent ensuite être fécondés par le sperme de deux hommes différents, à l’intérieur de la courte fenêtre de fertilité qui ne dure que quelques heures. Les deux embryons qui en résultent doivent tous deux survivre et se développer ensemble normalement dans le même utérus jusqu’à une naissance à terme.

Seulement 20 cas de ce type ont été documentés dans le monde entier. Lavinia et Michele Osborn sont, selon les données disponibles, le seul cas connu en activité au Royaume-Uni.

« Je pense qu’une partie de moi l’a toujours su »

C’est Lavinia qui a découvert la vérité. Elle a commandé un test ADN, et c’est en ouvrant le mail de résultats qu’elle a compris. « Je pense qu’une partie de moi l’a toujours su », a-t-elle confié à la BBC. La révélation a été un choc — pas tant à cause du fait biologique lui-même, mais parce que Michele, l’unique certitude de sa vie, semblait soudainement moins certaine. « Michele était la seule chose dont j’étais sûre. Et pendant un instant, elle ne l’était plus. »

Michele, elle, a réagi différemment. Moins ébranlée, presque philosophe. « Je n’étais pas choquée. Je suis encore stupéfaite que ça soit possible. C’est bizarre, un peu gênant et rarissime — mais ça a du sens. » Leur mère les avait mises au monde à 19 ans, dans une situation personnelle difficile, victime elle-même de violences de la part de son beau-père. Quand les deux filles lui demandaient qui était leur père, elle avait toujours mentionné un certain James — quelqu’un qui n’avait jamais joué de rôle dans leur vie.

Les deux femmes ont été placées en famille d’accueil, puis suivies par les services sociaux. Cette histoire de jumelles aux deux pères différents n’est donc pas seulement un fait divers biologique — c’est aussi le portrait de deux vies construites malgré tout, sur la solidarité de celle qu’on croit être sa sœur identique, et qui l’est, finalement, à sa façon.


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