La commission des finances de la Knesset a tenu ce mercredi une séance tendue consacrée aux taxes sur les travailleurs étrangers dans le secteur hôtelier, et a appelé le ministère des Finances à aligner les montants de ces taxes sur ceux pratiqués dans les autres secteurs de l’économie. La séance était présidée par la députée du Likoud Eti Atia, présidente de la commission spéciale pour les travailleurs étrangers, qui a mis en lumière les écarts de coûts entre l’hôtellerie et le reste du marché du travail.

Le constat est chiffré et sans appel : les hôteliers paient actuellement 11 320 shekels par an et par travailleur étranger, contre 8 490 shekels dans la plupart des autres secteurs — soit un écart de plusieurs dizaines de points de pourcentage. La recommandation d’un comité de directeurs généraux, mis sur pied sur décision gouvernementale, appelait à réduire ces taxes de 50 % pour l’ensemble des secteurs.

Une phrase qui a fait l’effet d’une bombe

La directrice générale de la Fédération des hôtels, Hagar Sharon, a frappé fort au cours de la séance. Faute de réduction des coûts, a-t-elle averti, les hôteliers n’auront d’autre choix que de revenir à l’emploi de travailleurs palestiniens. « La femme de chambre de mon hôtel n’est pas plus experte qu’un femme de chambre ou un plongeur dans n’importe quel autre secteur », a-t-elle lancé, soulignant l’absurdité de la différenciation tarifaire. Des représentants d’autres fédérations professionnelles se sont joints à l’appel, en insistant sur les répercussions de ces surcoûts sur le niveau général des prix à la consommation.

En face, le représentant du ministère des Finances, Rom Bar Av, a défendu le statu quo avec les arguments habituels du Trésor : les recettes tirées de ces taxes alimentent les caisses de l’État et financent des services publics, et toute réduction implique de trouver une source de financement alternative. Le ministère a précisé que la recommandation du comité de directeurs généraux — une réduction générale de 50 % — représente un coût de près d’un milliard de shekels sans couverture budgétaire identifiée, et que la modification réglementaire pour le seul secteur hôtelier est estimée à environ 20 millions de shekels.

La députée Atia a conclu la séance par une injonction formelle au ministère des Finances : aligner sous une semaine les taxes hôtelières sur celles des autres secteurs. Elle a également annoncé son intention de demander au président de la commission des finances l’organisation d’une séance d’urgence avec le ministre de l’Économie avant la dissolution de la Knesset, pour traiter de la réduction des taxes à l’ensemble des branches.

La tension entre les besoins de main-d’œuvre du secteur touristique israélien et la politique de gestion des travailleurs étrangers n’est pas nouvelle. Depuis l’expulsion des travailleurs palestiniens après le 7 octobre, les hôtels ont largement recouru à des travailleurs venus d’Inde et d’autres pays, à des coûts nettement plus élevés. La menace de revenir aux travailleurs palestiniens, dans ce contexte, constitue un signal politique autant qu’économique.

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